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May 2006
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A la force du poignet

Malgré une enfance et une adolescence difficiles, Ken Cormier n’a jamais laissé tomber. Il est de nos jours l’heureux propriétaire d’un parc dans le Maine et reçoit en permanence les accolades des autorités locales et nationales pour sa contribution à la communauté.

par Tim O'Brien

 

La vie de Ken Cormier a été guidée par ce qu’il appelle des « mains invisibles ».

Vivant tout seul à l’âge de 16 ans et encore lycéen, sans personne pour s’occuper de lui, K. Cormier réussit à finir ses études, occuper deux emplois et rester dans le droit chemin. « Il y avait tellement de possibilités à l’époque, j’aurais très bien pu faire de mauvais choix », se rappelle-t-il. « Mais ces mains providentielles m’ont maintenu sur la bonne voie et m’ont guidé là où je suis aujourd’hui. »

Et où est-il aujourd’hui ? A l’heure actuelle, il est probablement dans son parc Funtown/Splashtown USA, à Saco dans le Maine en train de préparer l’ouverture de la saison 2006. Une autre réponse possible est qu’il est le patriarche et le maître à penser d’une famille ambitieuse qui possède et exploite son propre parc célébrant en 2006 son 38 ème anniversaire.

De nos jours, le parc propose plus de 30 rides, y compris « Excalibur » la seule montagne russe en bois du Maine, tandis que le parc aquatique possède une gamme complète de rides, de toboggans et d’attractions. Le parc des Cormier est le plus important employeur saisonnier de l’état et d’après Mark Johnston, maire de Saco, c’est aussi un des plus importants contribuables de la ville. « En ce qui me concerne, une des plus grandes qualités de Ken est qu’il ne se plaint jamais de sa facture fiscale », déclare le maire. « Les Cormier sont une famille traditionnelle imbue de valeurs très solides. Ce sont aussi des gens très amicaux qui ont fait de Saco une destination connue dans le nord de la Nouvelle-Angleterre. Nous sommes très attachés à cette famille. »

Ce ne sont pas seulement les élus locaux qui aiment Ken Cormier. En 2001, il a été nommé dirigeant de PME de l’année pour le Maine, une accolade très flatteuse pour le très humble et modeste Cormier. Avec son épouse Violet, il s’est rendu à la Maison Blanche pour une brève entrevue avec le Président George W. Bush.« Violet lui a fait cadeau de deux tickets d’entrée en l’invitant à nous venir nous voir la prochaine qu’il rendrait visite à ses parents à côté de Kennebunkport (Maine) », dit K. Cormier en riant, tout en notant que les billets n’ont pas encore été utilisés.

Ses collègues du secteur des parcs d’attraction de la Nouvelle-Angleterre lui ont décerné une autre distinction majeure en 2005, en le nommant au Hall of Fame de la New England Association of Amusement Parks & Attractions. « Etre reconnu par les gens du métier me va droit au cœur », dit-il.

 

Il y a toujours quelque chose à apprendre

K. Cormier estime qu’au cours de ses années d’apprentissage, il a appris une leçon de valeur qui est devenue son leitmotiv. « On n’arrive à rien quand on abandonne », affirme-t-il. « C’est facile de laisser tomber, c’est à la portée de tout le monde. J’ai toujours gardé la réussite dans ma ligne de mire et je n’ai jamais pu accepter l’idée de laisser tomber pour quoi que ce soit. »

Ses parents ont divorcé quand il avait 5 ans. Il ne voyait que très rarement sa mère et habitait avec son père, un bûcheron qui passait la plupart de son temps dans les forêts du Maine. « J’ai vécu dans une maison de chambres pendant mes années de lycée, lorsque mon père partait travailler. Il payait la pension mais je ne le voyais que très rarement », se rappelle K. Cormier.

Pour gagner de l’argent de poche, il cirait les chaussures dans les rues jusqu’à ce que la police mette fin à cette activité. Pour son boulot suivant, il fallait qu’il aille en stop à la plage de Old Orchard où il fit ses débuts dans l’industrie de la restauration. « Et oui, je vendais des hot dogs sur la plage », s’esclaffe-t-il, en se rappelant comment, quand personne ne regardait, il se mettait à quatre pattes pour regarder sous le plancher du stand pour trouver la monnaie perdue.

Son enfance a été pour lui l’occasion d’apprendre une multitude de leçons. Cependant, le meilleur conseil qu’il ait jamais reçu lui fut donné quand il était lycéen et employé dans un pressing, par un homme de plusieurs années son aîné avec qui il travaillait. « C’était vraiment quelqu’un que je respectais », se souvient-il. « C’était un homme costaud, un type qui en son temps avait été un héros sportif local et qui, à la fin du lycée, avait décidé de rester au pays.

K. Cormier travaillait 60 heures par semaine et gagnait bien sa vie et un beau jour il arriva au travail et annonça qu’il allait quitter l’école pour travailler au pressing. « Hors de question. Tu vas rester au lycée, faire du sport, passer tes examens puis tu vas te débrouiller pour aller à l’université », lui rétorqua son héros. « Comme je l’admirais, je fis ce qu’il me dit et je lui en suis encore reconnaissant », confie K. Cormier.

 

Le restant de sa vie

K. Cormier épousa Violet sa petite amie du lycée, en novembre 1952 et fut appelé au service militaire en février 1953 et finit par servir 18 mois en Corée. Il rentra au pays et fut démobilisé à la fin de l’hiver 1955. Son premier emploi après l’armée fut dans une usine textile à Biddeford dans le Maine. Lorsque les employés se mirent en grève, il trouva un autre emploi à Hartford, dans Connecticut, ce qui le força à partir la semaine pour ne rentrer chez lui que pendant les week-ends. Lorsque l’usine textile réouvrit, il reprit son ancien emploi consistant à fabriquer des draps et des couvertures tout en réalisant que ce travail n’était pas assez stable pour supporter une famille.

Il s’inscrivit à l’université, profitant des facilités financières offertes aux anciens combattants, et commença des études de comptabilité. A un moment donné, en plus de l’université, il avait trois boulots.

Ses talents d’entrepreneur commencèrent à poindre le nez en 1956, quand il eut l’occasion de prendre un hôtel en gérance à la plage d’Old Orchard. Avec l’aide de Violet, il réussit à gagner une somme ronde cette année là. Pendant l’année scolaire, il allait en classe, nettoyait les toilettes de l’université, nettoyait les moules à pain de la boulangerie locale, suivi par son travail à temps partiel à l’usine textile. Avec deux enfants et enceinte du 3 ème, Violet travaillait aussi à temps partiel. « Elle était extraordinairement travailleuse et ses efforts contribuaient à faire bouillir la marmite », dit-il.

 

Les Cormier se lancent dans les affaires

Grâce à un prêt de 32 000 $ de la mère de Violet, les Cormiers se lancèrent dans la construction du restaurant Marvel Drive-In à l’automne 1959, sur un terrain de 10 acres qu’ils avaient acheté, le long de la nationale 1 à Saco dans le Maine. Le restaurant fut ouvert au printemps 1960. Pourquoi la restauration ? « Je croyais que c’était facile, j’avais vendu des hot dogs sur la plage, je me disais : ça ne peut pas être très compliqué », explique-t-il. Il déchanta vite.

Le Marvel commença par vendre des hot dog, des hamburgers, des frites, du pain au homard et de la glace. Ce furent deux années difficiles mais K. Cormier raconte que ni lui ni Violet pensaient qu’ils prenaient un risque. « On ne pensait pas que c’était un risque car nous étions certains de réussir. » Violet ajoute : « Il était hors de question de perdre l’argent de ma mère. Nous devions la rembourser et qu’en plus elle soit fière de nous. »

Les trois premières années, le restaurant perdit de l’argent et Ken et Violet durent trouver d’autres emplois à l’automne quand le restaurant fermait pour l’hiver. Pendant trois ans, Ken travailla comme trésorier adjoint au St. Francis College, où il avait passé sa licence. Il quittait son travail à 17h00, allait se changer puis commençait à travailler au restaurant jusqu’à la fermeture et le nettoyage, puis de retour à la maison pour quelques heures de sommeil avant de repartir pour son « vrai » travail.

Sa première entreprise en dehors du restaurant consista à installer en 1963 des cages d’entraînement au base-ball derrière le restaurant. Elles s’avérèrent très populaires et supportèrent le restaurant.

Pendant l’hiver 1964, il commença un nouveau travail à plein temps en tant que comptable en chef d’un cabinet privé et ce faisant tripla son salaire par rapport à ce qu’il touchait à l’université. Il continua de travailler au restaurant la nuit.

En 1967, il décida qu’il était temps de se consacrer à plein temps à ses affaires. « J’avais toujours dit que je voulais me mettre à mon compte », se rappelle-t-il. « Le restaurant était rentable et je voulais construire un petit parc d’attractions derrière et le moment me semblait être venu. » Il démissionna de son travail de comptable en 1967 et passa tout son temps à développer son concept de parc. Il était lancé.

Ken connaissait bien les attractions de la plage d’Old Orchard, à seulement trois miles de chez lui et il pensait qu’il n’y avait aucune raison l’empêchant de construire son propre parc à Saco. Son beau-frère Andre Dallaire avait construit à côté du restaurant un mini-golf qui marchait bien, les cages de base-ball étaient toujours aussi populaires. K. Cormier était convaincu que le temps était venu d’ajouter encore plus d’attractions.

 

Un parc voit le jour à Saco

La famille décida de vendre le restaurant ce qui permit de rembourser la mère de Violet et de lever les fonds pour commencer le parc. La banque accorda un prêt de 30 000 $ et le projet put démarrer.

Avec les cages de base-ball toujours aussi lucratives, K. Cormier construisit un terrain de tir au skeet qui ne dura qu’un an, un cerf automatique sur rail sur lequel les visiteurs du parc pouvaient décocher des flèches et un Swingin’ Gym.

Un beau jour un agent commercial spécialisé dans la publicité à la radio rentra dans le bureau de K. Cormier et déclara : « Il vous faut un nom pour votre parc et il y a quelque temps j’étais en déplacement dans le sud et je suis tombé sur un parc qui s’appelle Funtown. Vous devriez appeler votre parc comme cela. » K. Cormier aima ce nom et y ajouta même « USA ».

En 1968, un manège parasol Hampton fut ajouté, puis un toboggan géant en 1969 ainsi que d’autres stands de produits alimentaires, un manège Theel, un magasin de souvenirs et en 1974 des auto-tamponneuses. K. Cormier était ambitieux et voulait développer le parc, réalisant qu’il fallait ajouter quelque chose de nouveau chaque année. Son beau-frère A. Dallaire n’était pas aussi ambitieux ce qui ne convenait pas à K. Cormier qui racheta ses parts en 1978. Entre-temps, le restaurant avait été démoli et en 1980 sur ce même site, A. Dallaire construisit un petit parc aquatique.

Désormais sans associé, K. Cormier put devenir plus agressif et laisser libre court à ses idées d’expansion. Au début des années 80, il ajouta plusieurs rides fabriqués par la société Chance, y compris un Thunderbolt et un Trapeze. En 1984, il fit l’acquisition d’un flume ride O.D. Hopkins et à la même époque ajouta d’autres infrastructures et immeubles au parc. En 1996, K. Cormier acheta à A. Dallaire son parc aquatique et pour la première fois depuis l’ouverture du restaurant en 1960, il possédait tout sur un site qui, au milieu des années 90, était d’une superficie de 78 acres.

Funtown/Splashtown USA, le nom du nouveau complexe, fit son plus important investissement en 1998 en achetant une montagne russe en bois fabriquée par Custom Coasters : l’« Excalibur ». « Nous pensions qu’il était temps de prendre des mesures radicales pour devenir un véritable parc d’attractions », explique K. Cormier. En plus de la montagne russe, le parc fut entièrement clôturé et des guichets furent ajoutés à l’entrée principale. En tout, les Cormiers dépensèrent 2,2 millions $ en 1998. « C’était un peu effrayant d’investir un telle somme mais nous étions certains que c’était de l’argent bien dépensé. » Le parc devint un parc à prix d’entrée unique en proposant un ticket d’entrée pour soit le parc d’attractions, soit le parc aquatique, soit les deux. Seules ces trois formules devinrent disponibles à l’entrée.

« Quelques années plus tôt nous avions eu des problèmes car beaucoup de gens garaient leur voiture, rentraient dans le parc et se contentaient de se promener en achetant tout juste une glace », explique Ken. « Toutes les places de parking étaient prises et les vrais visiteurs voulant monter sur les manèges avaient des problèmes à trouver une place pour se garer. Elaborer de nouvelles formules d’admission était selon nous la meilleure façon de régler ce problème. »

En 1998, le nombre de visiteurs atteignit un record de 248 000 visiteurs, deux fois plus que l’année précédente. Le chiffre d’affaire s’en ressenti et presque doubla lui aussi cette année. « C’était notre objectif, peut-être un peu plus même », estime K. Cormier.

 

Une affaire de famille

Tous les six enfants Cormier ont grandi dans l’affaire, les plus vieux se rappelant des menues corvées qu’ils avaient à effectuer au restaurant. Au fil des ans ils ont tous travaillé dans le parc et une seul n’a pas été tentée d’en faire une carrière en choisissant plutôt de devenir infirmière. Les cinq autres, cependant, sont toujours impliqués ainsi que les épouses et les enfants.

Ken est PDG, Violet est vice-présidente exécutive, le fils aîné Bill est vice-président responsable de l’entretien, Kevin est vice-président responsable des terrains et de l’aspect général du parc, Gail gère le magasin de souvenirs, Candace est responsable des caisses, des jeux et de l’équipe SWAT (sanitaire, déchets et poubelles) et Kimberly est directrice de la vente et du marketing.

Violet qui a tout connu aux côtés de Ken est un grand supporter de la famille. « Je suis maintenant dans une situation idéale », dit-elle dans un rire. « Je peux choisir ce que j’ai envie de faire et le reste je le délègue aux enfants. Ken et moi avons complètement confiance dans leurs capacités. Ils ont grandi en nous observant et ils connaissent toutes les ficelles du métier. Ils savent ce qu’il faut faire. »

Pendant 18 ans quand les enfants grandissaient, la famille allait passer tous les hivers à Miami en Floride. « C’était mieux pour les enfants. C’est une petite ville et tous les jeunes voulaient travailler pour nous. Si pour une raison quelconque nous n’embauchions pas quelqu’un ou, pire encore, si nous renvoyions quelqu’un, cela risquait de se retourner contre nos propres enfants qui allaient à l’école avec tous les jeunes de la ville », explique Violet. Chaque année, ils commençaient l’année scolaire à Saco puis ils allaient dans une école privée à Miami pour revenir en fin d’année dans le Maine afin de terminer l’année scolaire.

Ce n’était pas si dur que ça pour les enfants ajoute-t-elle et puis « le monde est bien plus grand que le Maine. Ils ont beaucoup appris et ont eu la chance de connaître une existence variée pendant qu’ils grandissaient. »

Il y a sept ans, ils ont vendu la maison de Miami et ont commencé à passer leurs hivers dans le Maine. Il y a deux ans, toutefois, K. Cormier trouva que la Floride lui manquait et ils ont acheté une autre maison dans le centre de la Floride. « Non, nous ne nous sommes pas mis à la retraite ni même à la semi-retraite », insiste K. Cormier. « Nous sommes tous les deux en très bonne santé et nous n’avons aucune intention de nous arrêter. Pour moi la retraite est une étape précédant la fin de la vie et ce n’est vraiment pas notre état d’esprit. »

Il se souvient et sent une vague de fierté pour tout ce qu’il a accompli et il continue de chanter les louanges de ces « mains invisibles » qui ne l’ont pas laissé tomber pendant 73 ans. Quelle vie s’exclame-t-il : « J’ai la chance de faire quelque chose qui m’intéresse, et comme j’ai au moins plusieurs nouvelles idées par jour j’ai l’impression que chaque jour est une nouvelle expérience. Non vraiment, je ne suis pas prêt de m’arrêter. »


L’eau flottante

Les bateaux de croisière lancent une nouvelle tendance – les parcs aquatiques embarqués

Par Keith Miller

L’explosion du nombre de paquebots de croisière géants au cours de ces dernières années a permis aux passagers enthousiastes de découvrir une variété extraordinaire de sports, de jeux et d’activités à bord. Vous pouvez désormais ajouter le surf à cette liste.

Royal Caribbean International, dont le siège se trouve à Miami en Floride, va devenir la première société de croisières à introduire une vague de surf et un parc aquatique sur un paquebot, lorsque le Freedom of the Seas appareillera de Miami le 4 juin. Ce navire de 136 000 tonnes sera le plus grand bateau de croisière au monde, capable de transporter 3600 passagers.

Le FlowRider est une vague de surf de 32 pieds par 40 située sur la passerelle supérieure de la poupe du navire. Andrew Thatcher, directeur des ventes pour Wave Loch, le constructeur du FlowRider de La Jolla en Californie, se rappelle de la trépidation de la société lorsqu’ils ont été contactés par Royal Caribbean : « C’est une technologie d’avant-garde et nous pensions qu’elle serait idéale. »

Kelly Gonzalez , directrice des nouvelles constructions et de la conception de la flotte pour Royal Caribbean explique que la société étudiait le concept d’une vague de surf depuis environ cinq ans. « C’était un concept très intéressant et nous pensions qu’il serait parfait pour notre parc aquatique H20 Zone. Nous avons visité des parcs aquatiques qui possédaient FlowRiders, avant d’arrêter tous les détails. »

Royal Caribbean a lancé une campagne de promotion pour le navire autour du FlowRider et a même produit un spot publicitaire national à propos de l’attraction qui montre une vue aérienne impressionnante, générée par ordinateur, de la vague de surf tandis que le navire est en pleine mer. La société a aussi lancé une promotion « Wax and Win » sur le site Web de Freedom of the Seas.

Le parc aquatique H20 Zone offrira aussi des jets d’eau, des canons à eau, des chutes des statues pleines de couleurs d’où jaillit de l’eau, des sceaux basculant et des effets activés par détecteur. Il y a une piscine avec une pataugeoire et des chutes d’eau ainsi qu’une piscine peu profonde pour les plus jeunes. Dans l’une des piscines, les nageurs peuvent se saisir d’un tube et flotter autour d’une île centrale.

« L’idée de H20 Zone est apparue pendant le processus créatif pour Freedom et toute notre zone aquatique était un concept que nous souhaitions développer pour que l’ensemble de la famille puisse en profiter », explique K. Gonzalez.

Linda Coffman, une experte en matière de croisière et auteur de « The Complete Guide to Caribbean Cruises » (Guide complet des croisières dans les Caraïbes) pour Fodor’s Travel, qui possède plus de 17 ans d’expérience dans ce secteur, estime que l’apparition de ces parcs aquatiques est une nouvelle tendance de l’industrie.« Les croisières familiales sont en train de devenir de plus en plus populaires », observe-t-elle. « Il va y avoir plus d’un million d’enfants en croisière cette année, ce qui représente 9 % de tous les passagers. Par conséquent les sociétés de croisière mettent l’accent sur cette tranche d’âge. » L. Coffman note que H20 Zone vise les familles alors que FlowRider est destiné aux adolescents et aux jeunes adultes.

Carnival Cruise Lines, la plus importante société de croisières au monde avec 21 navires a installé des toboggans aquatiques de 214 pieds sur certains de ses bateaux les plus récents. En plus du toboggan géant, le Carnival Splendor, qui a coûté un demi-milliard de dollars et qui sera lancé au printemps 2008, offrira une zone de divertissements aquatiques, une première pour la flotte de Carnival Cruise Lines.

« Notre clientèle cible est l’Américain moyen » explique Aly Bello-Cabreriza, porte parole de Carnival. « Nous transportons 525 000 enfants chaque année, par conséquent ces attractions font partie des nombreuses activités que nous offrons. »

Le Magic et le Wonder, les deux navires de Disney Cruise Lines, possèdent chacun un toboggan de 200 pieds qui se termine dans la piscine de Mickey. Selon Jason Lasecki, responsable des relations avec la presse pour la société, Disney a l’avantage de ne pas avoir à embarquer toutes ses activités aquatiques car la société offre de nombreuses attractions de ce genre dans son île privée Castaway Cay.

Etant donné que les parcs aquatiques sont des destinations populaires depuis plus de 20 ans, on peut se demander pourquoi il a fallu attendre si longtemps pour les voir apparaître sur les navires de croisières. Le nombre croissant d’enfants est une raison majeure de leur apparition récente, mais L. Coffman cite d’autres raisons. Pour elle : « La technologie n’existait pas et il n’y avait pas la place. H20 Zone de Freedom of the Seas contient 2642 gallons d’eau. Vous ajoutez FlowRider ( 32 000 gallons), la piscine de sport et les jacuzzi et cela fait beaucoup de poids et prend beaucoup d’espace. »

A. Thatcher est d’accord : « Il y avait des problèmes d’ingénierie et le poids était indiscutablement un aspect dont il fallait tenir compte. Cependant lorsque les gens ont commencé à étudier de nouveaux concepts de divertissements embarqués et de nouvelles idées innovantes, les choses ont commencé à évoluer, il a simplement fallu qu’une personne ait la vision nécessaire. »

Une eau plus sûre

Avec le nombre grandissant d’attractions aquatiques sur les navires de croisières, la sécurité de l’eau devient un problème plus pressant. Aucune des sociétés contactées n’a de maîtres nageurs présents dans les zones de divertissements aquatiques mais chacune fait remarquer qu’il y a toujours du personnel présent pour surveiller ces zones, tandis que les attractions comme le FlowRider et les toboggans géants ont des opérateurs sur place. A. Thatcher fait remarquer que même si le FlowRider fait circuler 32 000 gallons d’eau à la minute à 27 miles à l’heure, la profondeur n’est que de quatre pouces.

Lorsque les passagers courent sur des surfaces mouillées, le risque de chutes est toujours présent. J. Lasecki indique que Disney Cruise Lines a installé un matériel antidérapant autour des piscines de ses navires pour éviter de telles chutes.

La qualité de l’eau est une considération importante pour les parcs aquatiques embarqués comme pour les parcs aquatiques terrestres étant donné que des maladies comme la cryptosporidiose ou le virus de Norwalk sont fréquemment propagées à travers le contact avec une eau contaminée. J. Lasecki affirme que Disney Cruise Lines est tout à fait au courant de ces risques et surveille de très près la qualité de l’eau. « Les procédures sanitaires des piscines et des spas sur nos navires sont conformes aux directives du programme sanitaire des navires de CDC qui sont administrées par le service américain de la santé publique. Un de nos officiers sur chaque navire est formé en hygiène de l’environnement pour faire en sorte que les directives sont respectées. »

La continuation de la popularité des parcs aquatiques embarqués dépend largement de la popularité d’attractions comme FlowRider. A. Thatcher annonce que les deux navires jumeaux que Freedom of the Seas va introduire en 2007 et en 2008 auront aussi des vagues de surf et il ajoute : « Vous allez voir de plus en plus d’attractions de ce genre sur les navires de croisière. »

L. Coffman acquiesce :« Royal Caribbean est en train d’introduire de nombreuses nouvelles attractions et si les autres sociétés veulent rester concurrentielles, il va falloir qu’elles suivent. »


Les personnes avant tout

Fantasilandia fournit un cadre de travail qui favorise le développement personnel et professionnel à long terme

Par Preston Merchant

Preston Merchant, journaliste et photographe indépendant, s’est rendu en Amérique du Sud pendant plusieurs jours, afin de visiter divers sites et interviewer les personnalités du secteur. Au cours de sa visite de Fantasilandia au Chili, il a rencontré plusieurs vétérans du parc et certains employés plus jeunes, tous avec un itinéraire personnel unique mais, baignant dans une ambiance qui les pousse à donner le meilleur d’eux-mêmes, partageant la même ambition que ce soit pour leur carrière ou leur vie professionnelle. Le premier volet de notre série sur l’Amérique du Sud présente quelques uns d’entre eux ainsi que le propriétaire du parc Gerardo Arteaga Sr., une personnalité aussi connue pour ses activités dans le secteur agricole, dans le domaine philanthropique et pour sa contribution à l’industrie du divertissement.

Fantasilandia est situé dans un coin agréable du parc Bernardo O’Higgins de Santiago, un espace vert crée en mémoire du leader révolutionnaire chilien qui a obtenu l’indépendance de l’Espagne et est devenu le premier président du pays. Le parc est à proximité du quartier universitaire, près des cafés Internet, des bars et des magasins d’étudiants, facile d’accès pour les étudiants. Avec ses arbres majestueux et l’odeur de barbapapa et de hot dogs, Fantasilandia est très populaire auprès de la jeunesse de la ville et il n’est pas rare de voir des couples assis sur les bancs les mains entrelacées ou se serrant très fort au sommet d’une pente vertigineuse de la montagne russe. Aimé des visiteurs et du personnel pour son atmosphère accueillante et familiale, Fantasilandia est tellement agréable qu’une fois arrivé, vous êtes susceptibles de rester plus longtemps que prévu.

Gabriel del Rio a débuté à Fantasilandia il y a 27 ans en tant qu’opérateur de ride. Il travaillait dans un parc d’attractions itinérant lorsque sa fiancée, lassée par toutes ses absences lui donna un ultimatum. « Epouse moi ou je te quitte ! » Il lui demanda sa main et se fit embaucher pour opérer une montagne russe virtuelle à Fantasilandia. Ce ride n’existe plus de nos jours, mais G. del Rio a connu une longue carrière dans le parc où il a gravi tous les échelons pour atteindre un poste de responsabilité. Il est désormais responsable des restaurants, stands et autres lieux de restauration du parc.

Lorsque Heraldo Parra commença à travailler à Fantasilandia, il y a 28 ans, il pensait n’y rester qu’un an, mais il trouva son travail particulièrement attachant. « J’ai aimé le contact avec le public », explique-t-il « et l’effet des rides sur les visiteurs. » Il débuta aussi en tant qu’opérateur de ride et profita des possibilités d’avancement. Il est maintenant responsable de l’entretien et supervise 30 rides et une équipe de 20 personnes.

Il aime le fait que sa carrière dans le parc ait été variée. Son travail à Fantasilandia lui a permis de contribuer à toutes les phases de l’exploitation, du service à la clientèle, à l’entretien en passant par la gestion et la conception. « Ici le travail est plus varié », estime H. Parra. « On ne se contente pas d’apprendre un seul job. »

Il y a 28 ans, Olivia Nasser débuta à Fantasilandia en tant que secrétaire. A l’heure actuelle, elle est responsable du marketing du parc et supervise les ventes aux entreprises qui sont essentielles à sa viabilité. Chaque année, le parc ferme du 15 au 24 décembre et son accès est réservé aux sociétés locales qui l’utilisent pour leurs fêtes de fin d’année. Fantasilandia est le seul site de Santiago capable d’accueillir environ 5000 personnes et au Chili, les fêtes de Noël d’entreprise sont une célébration traditionnelle importante auxquelles les employés et leurs familles sont invités. Le parc est donc un lieu idéal. Grâce au charme personnel d’O. Nasser et son dévouement à ce programme, les entreprises chiliennes sont depuis des années des clients fidèles. « J’aime penser que je vends de la joie et du bonheur », dit-elle. « Nos programmes sont divertissants et sûrs et ils sont pour moi un moyen formidable de rencontrer plein de gens. »

G. Del Rio, H Parra et O Nasser considèrent qu’ils font partie de la famille Fantasilandia, d’autant plus qu’ils se souviennent du temps où leur directeur général Gerardo Arteaga Jr., était un petit garçon qui courait dans le parc derrière son père, Gerardo Arteaga Sr. C’est lui qui désormais dirige l’opération. « C’est comme si j’étais le patron de mes tantes et de mes oncles », dit-il dans un sourire.

Offrir de nouveaux défis au personnel pour qu’il puisse s’épanouir dans une atmosphère de soutien est un élément central de la philosophie de Fantasilandia depuis plus de 30 ans. Pour cette raison, la moitié des employés reçoivent chaque année une formation dans un domaine différent de leur spécialité, se familiarisant par exemple avec des domaines techniques comme l’hydraulique ou l’électricité ou développant la capacité de parler en public, de servir la clientèle ou étudiant des matières commerciales comme le marketing ou la comptabilité. Le résultat est une main d’œuvre continuellement ressourcée et désireuse de progresser.

« Nous cherchons toujours à pourvoir les nouveaux postes en interne », explique G. Arteaga Sr. « La formation est une priorité très importante. »

Une partie de la formation est développée en interne et une partie est assurée par des experts venus de l’extérieur. Les cours sont certifiés par le gouvernement. Les employés obtiennent des certificats s’ils achèvent avec succès leur formation.

L’aspect pédagogique du programme de formation de Fantasilandia est essentiel car la moitié des 300 employés du parc sont des étudiants. La proximité des universités de Santiago est un avantage, ainsi que l’expérience pratique que les étudiants peuvent obtenir. Un emploi à Fantasilandia aide non seulement les étudiants à subvenir à leurs besoins pendant leurs études, mais c’est aussi un avantage potentiel quand ils se lancent dans le monde du travail, une fois qu’ils ont décroché leur diplôme.

« C’est une bonne formation pour les étudiants », estime G. Arteaga Jr. « Ils apprennent à faire face au public et à des foules importantes. Ils deviennent sûrs d’eux. »

La qualité de la formation signifie que Fantasilandia attire les meilleurs étudiants de Santiago. Magdalena Henriques est une étudiante de 19 ans en deuxième année de médecine à l’université du Chili. Elle a obtenu les meilleures notes aux examens d’entrée nationaux et a récemment remporté une bourse complète pour aller terminer sa formation médicale au Canada. Au cours des trois dernières années, elle a travaillé dans la restauration à Fantasilandia, ce qui lui a permis de payer ses études et les possibilités qui en ont découlé.

« Je suis la première personne de ma famille à aller à l’université », dit-elle. « Travailler à Fantasilandia m’a donné une expérience pratique du travail en équipe. J’ai aussi beaucoup appris sur l’administration. » Ce sont des atouts importants pour une carrière en médecine. M. Henriques aime aussi travailler dans le parc pour dit-elle ses « qualités humaines » tout particulièrement pour les amitiés qu’elle a nouées et les enfants qu’elle sert.

Son programme est chargé. Après 30 minutes de bus, elle commence ses cours à 7 h 00 en biochimie, anatomie, médecine légale et microbiologie. Elle supervise aussi d’autres étudiants et travaille les week-ends dans le parc. Sa sœur cadette, Sarai, travaille aussi dans la restauration à Fantasilandia. « Je dois m’occuper d’elle », dit M. Henriques.

Combinant enthousiasme, professionnalisme et bonne humeur la force de travail estudiantine de Fantasilandia est un atout pour le parc. Isidora Savedora, étudiante dentaire de 19 ans est dans sa première semaine de travail dans un des restaurants du parc. « Les gens sont si amicaux et prêts à vous aider. Tout le monde vous parle », dit-elle.

Ce niveau d’interactivité est aussi important pour Rafael Licama, 23 ans, qui étudie l’anglais dans un institut proche. Même si la plupart des visiteurs du parc sont de Santiago et ne parlent pas l’anglais, R, Licama est ravi des occasions qui se présentent parfois lorsque des touristes étrangers et des hommes d’affaires sont dans le parc pendant la saison de Noël. Il espère un jour, vivre et travailler en Europe.

Pour Roberto Mendel, responsable des services de restauration : « Il est important de former les gens quand ils sont jeunes. » Selon lui, développer leur savoir-faire en présentation et communication, les prépare à réussir dans n’importe quel travail et l’énergie qu’ont les jeunes aide Fantasilandia à présenter une image accueillante.

L’environnement professionnel permet aux employés de poursuivre leurs propres intérêts et d’être créatifs dans le cadre des opérations du parc. Cela a été particulièrement important pour Andres Moreno, responsable technique et responsable du développement. Il a débuté en tant qu’opérateur de ride il y a 24 ans tout en poursuivant ses études d’ingénierie à l’université du Chili. Au fil des ans, il a conçu et construit de nombreux rides à Fantasilandia, y compris la « rivière rapide » et le « trou noir », un ride aquatique dans le noir. Il voyage fréquemment pour essayer des rides en Europe et pour rencontrer des professionnels aux conférences de l’IAAPA. Il participe à tous les aspects de l’opération du parc, tout particulièrement les plans d’expansion car les nouveaux rides doivent être développés et installés en fonction de l’espace existant. C’est un rôle exigeant où il faut faire preuve de connaissances techniques, de l’imagination créatrice d’un amoureux des rides et du savoir-faire d’un commercial. « Chaque jour est différent », déclare-t-il. « J’ai été formé pour créer des choses, c’est ce que j’ aime le plus. »

Si vous voulez garder les gens dans la famille, il est important de fournir un environnement qui est à la fois accueillant et stimulant. C’est aussi très bénéfique pour les affaires estime le plus vieux des Arteaga : « Former les gens coûte cher et vous récompensez ceux en qui vous pouvez avoir confiance. Personne ne veut faire le même travail pendant 25 ans. »