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French Toujours plus forts par Preston Merchant Marcelo Gutglas ne s'attendait pas à première rencontre avec le secteur des loisirs lorsqu'il installa le premier juke-box à pièces à São Paulo, au Brésil. Il surfa ensuite sur la vague des flippers dans les années 70 puis importa une des premières montagnes russes dans l'une des plus grandes villes du monde. Aujourd'hui, il est le fondateur et PDG du groupe Playcenter, à São Paulo, qui possède Playcenter, parc d'attractions de São Paolo, ainsi que des centres de loisirs pour les familles, exploités sous la marque Playland, dans des centres commerciaux à travers le pays et au-delà des frontières. Très respecté pour son rôle de pionnier du secteur des loisirs, M. Gutglas dispose d'une expérience de près de 40 ans dans la région. Ses activités s'étendent du Brésil à l'Argentine et d'autres pays d'Amérique du Sud ainsi qu'en Europe. Lors d'un entretien accordé à Funworld pour couvrir plusieurs thèmes, M. Gutglass a parlé des défis auxquels est confronté le secteur des loisirs suite à la dévaluation de la monnaie nationale en 1999. Afin contrer une inflation rampante, le gouvernement élargit la bande de fluctuation du real face aux autres devises. La conséquence immédiate fut une dévaluation de 8 %. La monnaie atteint parfois un tiers de sa valeur précédente face au dollar. Les difficultés économiques et la crise politique qui en découla porta un coup aux entreprises qui s'appuyaient sur des investissements locaux et sur les importations, comme c'est le cas des parcs d'attractions.
FUNWORLD : Alors que le Brésil continue sa récupération suite à la crise économique survenue il y a quelques années, quel vous semble être le principal défi du secteur des loisirs ? GUTGLAS : Le principal défi actuel, de mon point de vue, est la maturité du secteur. Entre 1995 et 1999, on a observé de nombreux projets d'envergure qui nécessitaient des investissements colossaux. Playcenter s'inscrivait dans cet effort. L'économie était en pleine expansion et le revenu des habitants était en voie d'amélioration. Plusieurs parcs ont ouvert leurs portes entre 1998 et 1999. Il s'agissait de grands projets. A Rio de Janeiro, ce fut Terra Encantada, un parc d'attractions qui a coûté 180 millions USD. Ici, à São Paolo, nous avons ouvert Hopi Hari, un parc d'attractions d'une valeur de 200 millions USD, qui représentait pour nous une sorte de défi et de rêve : l'ouverture d'un parc d'attractions important au Brésil. De nombreux parcs aquatiques ont ouvert au cours de la même période. Malheureusement, nous avons été confrontés à une crise du marché des devises en 1999. Le dollar s'échangeait à 3 reals (contre un taux de 1 real pour 1 dollar précédemment). Ce phénomène, conjugué à la crise politique, a frappé de plein fouet notre activité. La raison ? Tout simplement parce que tous nos investissements ont été réalisés en dollars. Les attractions étaient importées. Par conséquent, les dettes étaient libellées en dollars, mais l'entrée, le prix que nous pratiquions, était en reals, une monnaie devenue si faible qu'il nous était impossible d'honorer nos dettes. Tous nos plans commerciaux furent mis à mal en ce qui concerne le chiffre d'affaires. Il s'agit bien du chiffre d'affaires et non de la fréquentation. Les gros investissements et la plupart des parcs aquatiques se retrouvèrent donc dans une position délicate ou durent simplement mettre la clé sous la porte. Les nouveaux investissements se firent rares, non seulement au Brésil mais aussi dans le reste du monde. Dès 2003, les parcs d'attractions et les parcs aquatiques qui existaient encore durent affronter la réalité. Ce fut une période de transition, même pour Playcenter. Par conséquent, le principal défi vient du fait que nous nous trouvions au début d'une nouvelle ère du secteur des parcs d'attractions et du tourisme. Nous sommes en train de constituer une nouvelle plate-forme. Nous bénéficions de plus de maturité, plus d'expérience, plus de professionnalisme car nous avons beaucoup appris. Nous sommes donc sur la bonne voie. Les parcs qui ont survécu se portent bien et l'économie a renoué avec la croissance. Nous sommes optimistes quant à l'avenir mais il reste beaucoup à faire. FUNWORLD : A quoi pensez-vous ? Quels avantages et quels défis sont propres au Brésil ? GUTGLAS : Nous devons habituer les gens à se rendre dans les parcs d'attractions. Brésil réunit toutes les conditions pour notre secteur. Nous avons la population, le climat et le revenu des familles progresse à nouveau. Nous devons promouvoir notre activité en la présentant comme une option de choix pour les familles et les habituer à fréquenter les parcs comme c'est le cas en Europe et aux Etats-Unis, où les familles organisent une visite annuelle dans un parc d'attractions. Voilà le défi immédiat du secteur. Il y a aussi les investissements. Notre secteur est gourmand en capitaux. Les importations sont toujours chères. Pour chaque dollar, nous devons ajouter 70 cents en taxes d'importation. Nous tentons de convaincre le gouvernement de nous sortir de cette situation. Dans les années 90, lorsque nous avons ouvert les grands parcs, nous bénéficions d'une exonération fiscale. Or, celle-ci n'a duré que trois ans. L'autre obstacle consiste donc à importer des attractions comme celles qu'on trouve dans d'autres parcs à travers le monde. Même au Chili et en Argentine, c'est très facile. Le Chili a un taux d'imposition nul. Puisque nous ne pouvons financer des investissements de cette taille, nous devons compter sur les logiciels, les promotions et les spectacles. Il nous faut déployer des trésors de créativité pour maintenir les attractions à un haut niveau de fréquentation. Le gouvernement doit comprendre que notre secteur crée de nombreux emplois car il a besoin de main-d'œuvre et qu'il encourage le tourisme national.
FUNWORLD : São Paulo, avec sa population de 18 millions USD qui en fait une des plus grandes villes du monde, constitue certainement un vivier de main- d'œuvre extraordinaire et un marché presque illimité. Le secteur est-il en bonne position pour profiter de ces ressources ? GUTGLAS : Bien sûr. Il s'agit d'ailleurs d'un autre obstacle dont le gouvernement doit prendre conscience. Nous offrons un bon niveau de formation. Notre place est parmi les Brésiliens. Nous voulons apporter notre contribution pour être aidé en retour, notamment à Playcenter. Notre parc propose de nombreux programmes pédagogiques à l'attention des écoles. Ce sont, entre autres, les programmes destinés aux professeurs et aux élèves sur notre site appelé Playscience [où les élèves apprennent les phénomènes physiques qui se cachent derrière nos attractions]. Nous disposons ainsi d'une façon supplémentaire de nous intégrer dans l'année scolaire. Ainsi, du mardi au vendredi, les classes se succèdent. Pendant une heure, les élèves reçoivent un cours puis ils sont libres de profiter du parc. Ces activités sont homologuées par les instances pédagogiques de notre pays dans le cadre des programmes scolaires. FUNWORLD : Percevez-vous des signes de maturité du secteur ? GUTGLAS : L'avenir nous sourit. Actuellement, on observe plus de professionnalisme, c'est-à-dire moins d'utopie et plus de réalisme. Nous sommes tributaires de la situation économique du pays. Nous progressons avec elle. Si le chômage fléchit, nous en ressentons immédiatement les effets bénéfiques. Je vois l'avenir avec optimisme mais je dois rester prudent. Il n'existe aucune marge de manœuvre pour des investissements massifs. Tout le monde a pêché par excès d'investissements dans notre secteur.
FUNWORLD : Y-a-t-il un bassin local de fournisseurs et de concepteurs qui se développe, vous évitant ainsi de chercher vos équipements à l'extérieur ? GUTGLAS : Difficilement. C'est très limité. Il n'en a pas été toujours ainsi mais la crise économique a emporté beaucoup de sociétés sur son passage. Désormais, nous disposons d'à peine cinq à sept fournisseurs locaux. Nous avons un bon fournisseur d'attractions de taille moyenne et d'autres fournisseurs de petites attractions, la plupart destinées aux centres de loisir pour les familles. Nous achetons toutefois la majeure partie de nos attractions à l'étranger.
FUNWORLD : Combien d'années avez-vous consacré au secteur des loisirs ? Et comment avez-vous débuté ? GUTGLAS : J'ai commencé il y a 37 ans. Pour préparer mon diplôme d'ingénieur en électronique, j'ai réalisé un projet portant sur un juke-box à pièces. J'ai placé la machine dans une salle de bowling. C'était très rudimentaire. Les gens devaient placer eux- mêmes les quilles. J'avais fabriqué les jetons moi-même. Ce juke-box était de fabrication artisanale. Mon ami m'appela de la salle de bowling à une heure du matin pour me demander d'autres jetons. Je lui répondis : « Mais je t'en ai donné une centaine ». Je dus donc me rendre au bowling en pyjamas. Toutes les pistes étaient vides. Les gens faisaient la queue pour insérer un jeton dans le juke-box. C'est le premier juke-box à São Paolo. J'ai alors dit à mon ami : « Nous avons trouvé un filon ». Nous avons alors placé 15 à 20 juke-boxes, tous fabriqués à la main. Nous travaillions beaucoup car ces machines nécessitaient de l'entretien ! Nous les placions dans des bars et des salles de bowling. Je me suis alors décidé à prospecter pour tenter d'en importer. J'ai adressé quelques lettres. L'un des fournisseurs m'a alors envoyé le ticket d'avion pour les Etats-Unis car je n'avais pas assez d'argent pour l'acheter. Au lieu des juke-boxes, il me montra les flippers et je me dis qu'il s'agissait d'une bonne idée. Le fournisseur me fit crédit. Avec mes 20 flippers, j'ouvrais donc la première salle d'arcade de São Paolo. C'était en 1969. La salle était ouverte 24 heures sur 24. C'était incroyable. J'ai poursuivi cette activité pendant quatre à cinq ans. Nous placé 2 500 à travers tout le Brésil. Mais notre activité était très contrôlée. Certains autorités considéraient tout cela comme des jeux d'argent. Nous devions sans cesse fermer pour rouvrir ensuite.
FUNWORLD : Vous avez donc commencé à considérer d'autres options ? GUTGLAS : L'un de mes fournisseurs m'invita en Italie pour rencontrer un des ses clients, propriétaire d'un parc d'attractions. En voyant le parc, je me dis qu'il n'existait rien de la sorte à São Paolo et je constatais que chaque grande ville d'Europe et des Etats-Unis avait son propre parc d'attractions. J'ai donc signé un accord avec les Italiens. Je leur louais des attractions. A l'époque, les grands toboggans faisaient fureur à São Paolo. En plein cœur de la ville se trouvait un petit parc avec des toboggans, Playcenter. Je suis allé rencontrer le propriétaire. Nous avons placé des montagnes russes (les premières à São Paolo), des autos tamponneuses et un manège. Les files d'attente pour les montagnes russes ne tarissaient pas de la journée. Le wagon descendait sans cesse avec huit personnes (sa capacité maximale) et comme nous faisions payer un dollar par personne, nous empochions huit dollars à chaque fois. Je me suis alors dit : « Ce doit être encore meilleur que le flipper! » Nous avons donc cédé l'exploitation des flippers à une société du Japon. Avec l'argent de la vente, nous avons construit un parc ici. J'ai acheté le nom Playcenter et les toboggans. En 1972, nous ouvrions le parc. Mais il y avait trop d'attractions et pas assez d'espace. Nous avons donc débuté sur un emplacement réduit. Avec le reste des attractions, nous avons organisé des fêtes foraines qui nous ont permis de faire connaître la marque Playcenter à travers tout le pays. Je cherchais à être aussi professionnel que possible en essayant d'apprendre et de voyager beaucoup. En 1982, un partenaire nous a rejoint en provenance d'Allemagne. IAAPA nous a considérablement aidés aussi, notamment pour les séminaires.
FUNWORLD : Mais vous avez laissé Playcenter pendant quelques temps ? GUTGLAS : Mon parcours chez Playcenter se termine en 1997. Mon objectif était alors l'ouverture de Hopi Hari. Après, j'ai quasiment pris ma retraite. J'avais été d'abord président du conseil d'administration puis j'y avais siégé en tant qu'administrateur. En 2002, les associés qui tenaient les reines du groupe ont décidé de céder les actifs de Playcenter et de ne conserver que Hopi Hari. Playcenter a alors commencé à souffrir d'un manque d'investissements. Suite à la crise économique, les fonds manquaient. Playcenter était donc en mauvaises conditions. J'ai alors saisi l'opportunité qui se présentait en reprenant Playcenter et l'exploitation des centres de loisirs pour les familles. Que dire de cela ? J'ai acheté quelque chose que je n'ai jamais vendu ! J'étais encore un associé mais je me suis joint à des investisseurs pour reprendre Playcenter en 2002. FUNWORLD : Vous avez acquis un intérêt majoritaire ? GUTGLAS : J'ai acheté les actifs sans le capital. Au cours des trois dernières années, nous avons travaillé afin de remettre Playcenter sur les rails. Nous avons investi beaucoup dans ce parc et dans Playland, en tentant un retour aux sources. Nous ne voulions pas à nouveau commettre l'erreur d'en faire un placement financier. Après ces trois années, je suis satisfait. Je pense que nous sommes en bonne voie. Les familles reviennent. Notre activité s'adresse à elles et pas simplement aux adolescents. Nous avons remodelé le parc et investi énormément dans l'infrastructure. Nous souhaitions davantage d'espaces verts et avons donc planté près de 500 arbres l'année dernière. Nous voulons faire partie de l'esprit de famille :« Allons chez Playcenter pour s'amuser ». C'est ainsi que nous avons vu Playcenter au cours des 30 dernières années, un lieu de divertissement. Les familles sont très présentes. Dernièrement, elles l'étaient moins à cause du manque d'investissements et de service à la clientèle. Mais nous sommes de retour. Nous formons du personnel, principalement des jeunes. Gyorgy Galfi [responsable régional de l'IAAPA, en photo plus bas, au centre] nous a énormément aidés Nous disposons d'une équipe de direction compétente ici et dans les centres de loisirs. Playland constitue une importante partie de notre activité. Les centres de loisirs génèrent 50 % de notre bénéfice. FUNWORLD : Les centres de loisirs Playland répartis à travers tout le Brésil remplissent-ils le même rôle que les fêtes foraines, en portant la marque dans d'autres régions du pays ? GUTGLAS : La marque est différente mais le message reste le même. Nous utilisons Playcenter pour faire la publicité des centres de loisirs et ces derniers pour promouvoir Playcenter. La promotion réciproque est très efficace. Nos fêtes foraines sont passées non seulement dans tout le Brésil mais également en Argentine. Il s'agissait d'une fête complète avec environ 18 grandes attractions et une douzaine d'autres. Son succès est incontestable. Les centres de loisirs ont également bien réussi en Argentine. Nous avons pratiquement été des pionniers dans ce pays. Aujourd'hui, Marcelo Periales [de Neverland] est le numéro 1 non seulement en Argentine mais également dans le monde, grâce à son concept novateur. Il est vraiment phénoménal. Il a beaucoup appris de nous et désormais nous devons apprendre de lui. Nous ouvrons actuellement des installations au Portugal, à Lisbonne, dans un centre commercial. Elles sont superbes : plus de 13 000 carrés, une montagne russe. Actuellement, nous disposons de 18 centres de loisirs pour les familles à São Paolo, à Rio, à Porto Alegre, à Bahia et ailleurs au Brésil. Nous continuons à nous renforcer. Nouvelles des indépendants Il s'agissait d'une journée étrange pour David Brady. Encore un vendredi d'avril ensoleillé en plein cœur de la Floride. Le décor parfait pour le jour de lancement de la nouvelle attraction à sensations fortes de Walt Disney World « Expedition Everest » dans la section Animal Kingdom. Le matin, il était assis à côté de Dingo pour gravir la montagne sur le train fou. L'après-midi, il avait une agréable conversation avec une primatologue de renom, le docteur Jane Goodall. De Dingo à Goodall : une journée comme une autre pour une baladodiffuseur « puis je me suis dit « " Comme c'est bizarre " », se souvient-il. M. Brady est un responsable d'un nouveau genre dans le secteur des loisirs. A mi-chemin entre un responsable des relations publiques (c'est son titre officiel) et un animateur, il présente une baladodiffusion hebdomadaire pour Walt Disney World, publiée gratuitement en ligne chaque jeudi. Il s'agit d'une émission radio que les auditeurs peuvent transporter dans leur lecteur MP3. La baladodiffusion est un des phénomènes en ligne les plus populaires. Le secteur des loisirs est en train de le découvrir. « En général, les parcs d'attractions ont mis du temps à adopter Internet en tant qu'outil de marketing permettant d'atteindre le public d'une façon inédite jusqu'à présent » explique Jeff Putz, webmestre de CoasterBuzz.com, un des sites de passionnés les plus fréquentés. « Toutes les études indiquent que le public cible passe davantage de temps sur Internet. Les possibilités [de la baladodiffusion] y sont donc immenses. »
Un média mal connu Lorsque M. Brady a commencé ses interviews pour la première baladodiffusion officielle de Walt Disney World au printemps 2005, il devait présenter une fiche à ses invités pour expliquer ce dont il s'agissait exactement. Une année écoulée fait toute la différence. Ce format d'Internet qui n'existait pas encore en été 2004 compte désormais des milliers d'émissions et d'auditeurs à travers le monde. La sélection et la qualité varient mais chaque « podcast » (mot issu de pod, du célèbre lecteur MP3 d'Apple, l'iPod) rassemble les mêmes éléments de base. Des individus s'expriment à un microphone, réalisent un enregistrement numérique de leur voix, transmettent celui-ci à un ordinateur puis publie le produit final en ligne pour l'offrir en téléchargement. Ils se distinguent néanmoins des émissions radio en ligne puisqu'il ne s'agit pas de sessions en flux continu qui placent les auditeurs à la merci de leur connexion Internet. Grâce à l'avènement du format compressé MP3, les émissions sont de taille suffisamment réduite pour tenir sur le plus petit des lecteurs de musique numériques. Etant donné la taille des fichiers et la généralisation des connexions haut débit qui permettent des téléchargements beaucoup plus rapides, les technophiles considèrent la baladodiffusion comme un complément normal des informations disponibles sur Internet. « Ami des technologies depuis toujours, je me réjouis de voir qu'il existe une démocratie du contenu », explique M. Brady. « Cela permet certainement un rapprochement avec le parc. » « Les années précédentes, nous ne disposions que d'Internet et des tableaux de messages » explique Mike Collins, producteur de CoasterRadio.com, une des premières baladodiffusions destinés aux passionnés sur le net. « On pouvait les lire rapidement mais aucun message vocal n'y était associé. » Le fait d'écouter quelqu'un en parler, exprimer sa passion ou son rejet à propos d'un thème a vraiment permis de faire décoller l'émission. Je pouvais écrire un carnet de voyage mais un commentaire en direct est beaucoup plus captivant. » Comme les millions de pages qui existent sur le Web, il semble qu'il existe une baladodiffusion sur chaque sujet. « Il s'agit d'une extension de l'apport d'Internet en termes de médias » souligne M. Putz, qui a lancé CoasterBuzz.com en 2000. « Les médias s'adressent à tous mais il faut aussi prendre en compte les publics plus restreints. Le problème [avant l'arrivée d'Internet] était que ce type de diffusion plus restreinte était toujours associé à un moyen coûteux, que ce soit un magazine ou un bulletin d'informations. » En outre, face une culture du divertissement qui devient de plus en plus à la demande, la baladodiffusion s'adapte à la perfection. M. Collins nous signale que son public se divise à parts égales entre ceux qui écoutent sur un ordinateur de bureau classique et ceux qui préfèrent leur lecteur de musique portable. Il a reçu des courriers électroniques de personnes écoutant CoasterRadio sur le trajet entre leur domicile et le bureau, ou même lorsqu'il se rendait sur un parc d'attractions. Un auditeur a envoyé un message pour remercier CoasterRadio de l'avoir accompagné pendant toute la durée du vol de Londres à Orlando. « Lorsque nous avons démarré, nous ne pensions pas à un tel emballement. Nous imaginions atteindre quelques centaines de personnes puis arrêter au bout d'un an » raconte M. Collins, dont la baladodiffusion fêtera sa première année en avril. « Or, maintenant, dès que nous prenons une semaine de congé, les auditeurs se plaignent. » Les inconditionnels Entre CoasterRadio et CoasterBuzz, il est possible d'avoir une image assez nette de l'offre de baladodiffusion. M. Collins nous a appris que l'idée derrière CoasterRadio avait surgi il y a plusieurs années, lorsqu'il se dirigeait vers un parc d'attractions avec un groupe d'amis de Washington et qu'ils en vinrent à discuter de leur passion. Tous, sauf un, viennent du milieu de la radiodiffusion. « Nous nous sommes alors dit que cela serait intéressant de faire de ses conversations en chemin [vers les parcs d'attractions] une émission de radio. La radio classique fut bien évidemment écartée (selon M. Collins, « Jamais une émission sur les montagnes russes ne sera diffusée sur les principales chaînes de télévision ou de radio ») et la radio en ligne se révéla trop onéreuse et ingérable à l'époque. Tout changea avec la baladodiffusion. Pour M. Collins, un des avantages de travailler dans le milieu de la radiodiffusion est de toujours entendre parler des nouvelles technologies qui deviennent disponibles. Lorsque lui et ses amis découvrirent la baladodiffusion, ils comprirent immédiatement qu'ils avaient résolu leurs problèmes de financement et d'horaires de diffusion. Son équipe bâtit un « studio » dans sa maison de Virginie pour moins de 1 000 USD, ce qui confère à CoasterRadio un savant mélange professionnel et amateur. Chaque émission est méticuleusement préparée et bénéficie de recherches qui s'étalent sur plusieurs mois, comme toute émission commerciale. CoasterRadio essaie d'obtenir une interview pour chaque émission, soit avec un expert du secteur soit avec un passionné. L'émission est alors conçue en fonction de cet invité. Lorsque vient le moment d'enregistrer, M. Collins nous confie que le groupe se réunit autour d'une table avec des sodas et des chips ou sur des divans pour garder l'esprit de franche camaraderie qui a présidé à la création de l'émission. Ils discutent pendant une heure ou deux un mercredi ou un jeudi soir puis édite le contenu le week-end avant de publier cette émission d'une demi-heure le lundi. « Nous essayons d'avoir un contenu aussi professionnel que possible » souligne-t-il. Alors que les créateurs de CoasterRadio ont construit leur site Web autour d'une baladodiffusion, le programme hebdomadaire de M. Putz sur CoasterBuzz constitue davantage une progression naturelle, une raison de plus pour visiter un site renommé qui est devenu une ressource pour le secteur des loisirs. « Notre site s'est toujours adressé aux passionnés et aux professionnels » indique-t-il. « Nous adoptons la même approche dans nos baladodiffusions. » Nous voulons en faire un condensé d'informations qui permette à chacun de s'évader pendant une demi-heure. » Chaque semaine, M. Putz et ses collègues se connectent via un programme de conférence en ligne pour enregistrer l'émission. Le webmestre estime la dépense pour l'achat des équipements à moins de 500 USD. L'émission est essentiellement composée d'informations apparaissant sur le site au cours de la semaine agrémentées de quelques commentaires parfois en présence d'un invité spécial. M. Putz (qui provient également du monde de la radiodiffusion) ajoute des morceaux de musique puis procède à l'édition si nécessaire. Il a alors terminé. Après moins de deux heures de travail, la baladodiffusion apparaît sur CoasterBuzz chaque lundi. « Nous avons essayé de maintenir un style décontracté et de ne pas s'en tenir à un format spécifique. Nous improvisons pour être honnête. Mssrs Collins et Putz ne cachent pas leur manque d'expérience dans le secteur des loisirs. Ils ont utilisé la même phrase à quelques mots près : « Nous sommes loin d'être des experts ». Ils sont simplement des passionnés de longue date qui ont accumulé d'amples connaissances par le biais d'une observation minutieuse. » Ayant établi des contacts avec les parcs depuis plusieurs années à travers CoasterBuzz, M. Putz n'a pas au beaucoup de mal à convaincre des invités à se joindre à l'émission (notamment le PDG de Cedar Fair, Dick Kinzel). CoasterRadio a eu la tâche plus difficile au début mais tout a changé après plusieurs semaines de diffusion. Désormais, M. Collins explique qu'il a fait l'acquisition des nouveaux équipements car les parcs l'ont autorisé à venir enregistrer son programme en direct sur leurs installations. « Avec le développement de la baladodiffusion, il est devenu plus facile pour les gens de comprendre exactement ce que nous faisons » raconte M. Collins. « Nous respectons nos invités, nous ne posons pas de questions insensées et nous faisons une émission de radio de niveau professionnel. » Le côté direct à distance de CoasterRadio est pour M. Collins l'aspect favori de sa passion. Il était également présent au lancement d'Expedition Everest dans la zone Animal Kingdom et a réalisé son enregistrement en montant pour la première fois sur cette attraction puis l'a placé en ligne dans le cadre de sa prochaine émission. Il estime qu'il s'agit là du type de contenu qui permettra aux baladodiffusions sur les parcs d'attractions de prospérer. En réalité, cet été l'équipe de CoasterRadio enregistrera une série d'émissions spéciales pour l'office du tourisme de Pennsylvanie lorsqu'elle visitera les quatre parcs d'attraction de cet Etat. Puis les baladodiffusions seront placées sur le site VisitPA.com. « Nous poussons constamment les agences gouvernementales à se situer à la pointe des nouveaux médias pour faire passer le message et établir une communication grâce à laquelle les gens sourient en pensant à la Pennsylvanie » déclare Mickey Rowley, secrétaire adjoint au tourisme de la Pennsylvanie. « Ce ne sont pas initiatives d'envergure. Nous ne dépensons pas les mêmes sommes que pour la publicité. C'est un nouveau moyen plus abordable d'atteindre un marché et d'associer le tourisme en Pennsylvanie à des impressions positives. » Tant d'histoires à raconter Bien que The Walt Disney Company fut le premier parc d'attractions à produire régulièrement des baladodiffusions, de plus en plus de parcs se lancent. « Ce type de support est très recherché » confirme M. Brady, dont les baladodiffusions inaugurées le 25 décembre 2005 sont devenus un rendez-vous hebdomadaire. La version de Disneyland a débuté quelques semaines après et ne paraît qu'une fois par mois. « Il est indéniable que les gens aiment connaître ce qui se passe dans les coulisses. On peut enfin disposer d'un canal plutôt économique et d'accès facile pour mettre tout cela à disposition du public. » Même si Disney est propriétaire de la chaîne de télévision ABC et de ses chaînes thématiques Disney, les créneaux de diffusion sont difficiles à obtenir et ne sont pas forcément adaptés à un public restreint tel que celui des baladodiffusions. « Vous n'avez pas à vous insérer dans une grille de programmation existante. Vous n'avez à chercher votre place parmi 24 heures de programmation radiophonique. » décrit M. Brady. « C'est tellement intéressant d'écouter un individu dont le métier consiste à concevoir des attractions » dit M. Collins, qui récemment exaucé le vœu d'un passionné de longue date lorsqu'il a interviewé Joe Rhode, Vice-président/concepteur exécutif de Walt Disney Imagineering et concepteur en chef du projet Everest. « La possibilité de l'écouter parler du projet est tellement plus fascinante que de lire sur le sujet car il partage sa passion avec vous. Impossible d'entendre une interview de 20 minutes avec quelqu'un comme lui avant l'apparition des baladodiffusions. » Disney n'est plus le seul parc présent sur le marché de la baladodiffusion. A l'heure où nous publions ces lignes, Universal Orlando est en phase de préproduction et prépare le lancement de sa propre baladodiffusion. Pendant ce temps, Dollywood à Pigeon Forge, dans le Tennessee, et Knoebels Groves Amusement Resort & Campground à Elysburg, en Pennsylvanie, ont publié des baladodiffusions sur des projets spécifiques. Pete Owens, responsable des relations publiques pour Dollywood, a créé un nouveau « personnage », Dottie, pour animer la baladodiffusion du parc, qui a débuté en avril. Bien que la première émission ait été un moyen de promotion pour la nouvelle attraction « Timber Tower » de Dollywood » explique M. Owens, « Nous essayons de trouver des anecdotes qui peuvent intéresser les gens. » Pour Dottie (derrière qui se cache la responsable de la publicité Corinn Paradice), la tâche consiste à travers le parc et de raconter l'histoire de chaque attraction. Alors que les baladodiffusion de Disney durent généralement 15 à 20 minutes, M. Owens a conçu le programme de Dollywood davantage comme ceux de la station de radio publique NPR, bref et sans détour, avec une durée maximum de cinq minutes. L'objectif, selon M. Owens, est de constituer une base de données de ces brèves qui attirera des visiteurs sur le site Web du parc, d'offrir aux fans davantage d'informations concernant le parc et aux médias des idées pour leurs reportages. Les dirigeants du parc qui participent à la baladodiffusion s'accordent à dire que les problèmes techniques et de main-d'œuvre propres à ce mode de diffusion sont vite surmontés et à un moindre coût. Tous les responsables interviewés par Funworld indiquent que l'émission est simplement ajoutée aux responsabilités de quelques membres du personnel en place. Joe Muscato, porte-parole de Knoebels qui a dépensé 150 USD pour créer sa baladodiffusion pour le lancement du nouveau grand huit « Flying Turns », explique que la partie la plus difficile consistait à trouver un moment au cours duquel les personnes interviewées puissent s'asseoir et discuter. « C'est très simple » confirme M. Owens. « Nous avons commandé un enregistreur de baladodiffusions et un microphone qui nous ont coûté en tout quelques centaines de dollars. » « Une fois que vous êtes équipés et que vous maîtrisez le format, la publication devient très facile » concède M. Brady.
En attendant une adoption généralisée Bien qu'elles soient populaires, les baladodiffusions font encore figure de média indépendant. Avec l'ajout d'un service d'abonnement iTunes d'Apple et l'arrivée de sociétés telle que The Walt Disney Company, elles sont certainement plus répandues qu'il y a à peine un an mais la marge de croissance reste grande, selon les experts. « La baladodiffusion a encore beaucoup à faire en ce qui concerne l'adoption par le public » signale M. Brady. « Je peux affirmer c'est facile pour moi [de télécharger une baladodiffusion]. Mais qu'en serait-il de ma mère ? Et de ma grand-mère ? Je ne pense pas qu'elle soit capable. Tant que leur diffusion ne sera pas transparente, il faudra du temps avant qu'elles ne se généralisent. » Du point de vue de la production, « la vraie question que tout le monde se pose est de savoir [comment nous gagnons de l'argent] » explique M. Putz. « Dans les marchés de niche, nous avons toujours été dépendants des bandeaux publicitaires pour générer des recettes sur les sites Web. En ce qui concerne les baladodiffusions, c'est l'inverse. Beaucoup de personnes ont décidé d'en créer mais ne sont pas sûres quant à la façon de [gagner de l'argent]. » En attendant de trouver la réponse à cette question, les producteurs de baladodiffusions se contentent d'utiliser ce format pour attirer des clients vers leur site Web. « Cela permet de renforcer la marque sur le site Web et d'être plus présent. » déclare M. Putz. « Bien que cela puisse paraître immatériel, une certaine valeur y est associée. » Malgré l'état de confusion qui règne pour ces débuts, ces experts misent sur le futur de la baladodiffusion. « Au cours des prochaines années, la plupart des principales chaînes de parc d'attractions offriront leur propre baladodiffusion. Elle ne sera peut-être pas hebdomadaire mais je pense que nous allons utiliser ce média pour communiquer, notamment avec l'arrivée de la baladodiffusion vidéo » souligne M. Collins. « Les gens commencent à comprendre la baladodiffusion. Il s'agira d'un nouvel outil de promotion pour le secteur des loisirs car cela fait appel aux sens visuel et auditif. Ce n'était pas le cas auparavant. » « C'est un excellent moyen de communication pour vos invités » signale M. Brady. « Cela permet de maintenir le lien entre les gens et le parc même s'ils sont éloignés. J'ai été accroc dès le début. Je pense que la baladodiffusion est là pour rester. » « Il nous faut attendre pour voir les résultats » confirme M. Owens. « Il faut toujours se pencher sur les nouvelles technologies. Internet est beaucoup plus sollicité au moment d'organiser les escapades. Si [les baladodiffusions] offrent aux personnes en ligne une meilleure impression pour leur permettre de prendre une décision et que cela stimule les ventes d'entrées en ligne, alors je crois que nous aurons réussi. » Que sont-ils devenus ? s Dans la lancée de sa fameuse série débutée l'année dernière, Tim O'Brien rencontre quatre autres ex-présidents de l'IAAPA, tandis que les anciens de l'association parlent de leurs débuts dans le secteur, de leur progression dans la hiérarchie et leur passion actuelle. Par Tim O'Brien
Roy Gillian Nous sommes samedi. Il est neuf heures. Les habitués, qui ont fini de dîner commencent à sortir. Pendant trois heures, ils sont accompagnés par un ami, un voisin et un pianiste professionnel, Roy Gillian. Il est le fondateur et l'ancien propriétaire de Wonderland Pier à Ocean City, dans le New Jersey et fut président de l'IAAPA en 1993. Pour la deuxième saison consécutive, on lui a demandé de venir jouer des classiques les vendredis et samedis soirs dans la salle à manger du Greate Bay Country Club. « J'ai joué l'année dernière et voilà qu'il me voulait encore cette année » remarque M. Gillian alors qu'il raconte son aventure à Funworld. « Ils ont annoncé dans le bulletin du club que j'étais de retour à la demande générale. » Vous ne trouverez pas un bocal pour les pourboires sur le piano de cet homme. « Non, je ne pense pas que cela serve à quelque chose. Ces gens me connaissent. Ils connaissent ma famille. Ils pensent probablement que je suis trop riche pour apprécier un bon pourboire » affirme en riant cet ancien maire âgé de 76 ans, responsable des loisirs toute sa vie durant pour la ville de Ocean City. M. Gillian a grandi sur la promenade puisqu'il travaillait au parc Fun Deck fondé par son père en 1929, l'année de Roy. Néanmoins, la vraie passion du jeune homme restait la musique. Pendant ses années de lycée et même après, Roy joua en tant que professionnel, uniquement l'hiver lorsqu'on n'avait pas besoin de lui au parc. Le groupe Roy Gillian & His Orchestra se forgea un nom en jouant dans les bals et les fêtes à Philadelphie. Jusqu'en 1951, lorsqu'il fit son service militaire. En 1953, à son retour, il dut travailler à plein temps pour son père. En 1965, M. Gillian était prêt à voler de ses propres ailes. C'est ce qu'il fit en négociant un contrat extraordinaire de location avec option d'achat pour un terrain situé sur la promenade, au sud du parc de son père. Sur ce site, il commença à bâtir Wonderland qui est devenu depuis lors un parc d'attraction renommé. En 1965, M. Gillian signa un bail avec option d'achat qui lui a permis d'acheter le terrain en 1995 pour 300 000 USD. M. Gillian fait remarqué que c'était une « bonne affaire » car le terrain valait plus de 10 millions en 1995. A sa grande surprise, la famille respecta le contrat sans opposer de résistance. M. Gillian fut président de l'IAAPA en 1993 et a participé, jusqu'à l'année dernière, à divers comités, plus récemment aux comités du Hall of Fame. En 1990, il a abandonné sa carrière politique pour s'impliquer dans la vie de l'IAAPA. « J'ai occupé différentes fonctions politiques au niveau de la ville et du conté pendant 18 ans, notamment mes quatre ans à la mairie. » déclare-t-il. « En 1990, alors que j'envisageais de me représenter pour un second mandat, on m'a demandé si je souhaitais devenir le troisième vice-président de l'IAAPA, ce qui me conduira à la présidence en 1993. » Le comité lui demande s'il disposait du temps nécessaire pour le consacrer à l'IAAPA, alors qu'il devait gérer son parc et la ville. « Je leur ai dit sur-le-champ que ma vie était dans ce secteur et cette association et que si j'étais élu, je ne briguerais pas un nouveau mandat. J'abandonnais la politique. » Il explique que ses années de service au comité et en tant que maire furent fabuleuses pour sa femme, Pat, et lui. « Elle a toujours appuyé et ma carrière politique et ma carrière au sein de l'IAAPA » confie-t-il. « J'ai eu la chance de recevoir quelques honneurs mais, sans aucun doute, le poste de président de l'IAAPA est un des plus significatifs. » En reconnaissance du temps consacré à la ville en tant que « entrepreneur local légendaire, philanthrope et joueur de piano », Ocean City a rebaptisé son centre d'accueil avec le nom de son bienfaiteur. Après avoir vaincu un cancer de la gorge en 2003, M. Gillian estima qu'il était de temps de se retirer pour laisser ses trois fils prendre la relève. Ses enfants Jim et Steve sont associés chacun à 50 %. Ils sont propriétaires et gérants du parc aquatique Gillians Island. En 2005, Jay, le cadet, qui a fait l'acquisition des actions avec droit de vote de son père dans Wonderland Pier en est maintenant l'actionnaire majoritaire et le gérant. Trois millions USD provenant des actions de Roy Gillian serviront à établir une fondation de bienfaisance pour l'hôpital Ocean City and Shore Memorial, dont il a présidé le conseil d'administration pendant 25 ans. « Je suis maintenant heureux comme je ne l'ai jamais été » remarque-t-il. « J'ai à nouveau la santé. Ma famille est dans de bonnes mains. Pat et moi disposons d'un revenu garanti. Je n'ai aucune dette. Ma femme m'aime toujours. Que puis-je demander de plus à mon âge ? Bob Ott En tant que gérant des jeux Bingo et Pokereno à Allentown du Central Park de Pennsylvanie en 1934, Bob Ott, alors âgé de 15 ans, savourait sa première incursion dans le monde des loisirs. A la fin de l'été, il savait déjà qu'il souhaitait y consacrer le reste de sa vie. Trois ans plus tard, en 1937, Robert Plarr, propriétaire de la principale attraction du Central Park, le Dorney Park, demanda à Ott de travailler pour lui en tant gérant saisonnier de l'attraction. Il accepta puis, en 1940, épousa la fille du parton, Sally Plarr, pour aller, peu de temps après, sillonner les mers en tant que membre de la marine marchande. En 1946, son bateau accosta et il revint à Dorney devint co-propriétaire et travailla à temps plein. Trente neuf ans après, à 5 heures de l'après-midi, le 12 mai 1985, Bob Ott prenait se retraite. Il vendit ses actions et s'en alla. « Sally et moi pensions que le moment était venu pour moi de partir. » Nous avions tous les deux la soixantaine, j'avais quelques problèmes de santé qui ont disparu depuis et nous avons reçu un bon prix pour nos actions » confie Ott à Funworld. « Avec cet argent, nous avons pu prendre le temps de nous détendre et de continuer à voyager comme nous le faisions lorsque le parc nous appartenait. » Toutefois, il n'avait pas dit son dernier mot. Depuis le début de sa retraite, il a visité le parc plusieurs fois par saison et se dit fasciné par la transformation opérée par Cedar Fair depuis le rachat du parc. « Je reconnais très peu de choses » ajoute-t-il. « Si j'ai laissé quelque chose en héritage, ce sont bien ces grands arbres magnifiques parsemés à travers le parc. » J'ai passé beaucoup de temps à choisir les bons arbres, à creuser les trous et à les planter. Vous devriez voir la taille qu'ils ont atteinte aujourd'hui. J'ai planté 135 arbres du parc de ma main. Aujourd'hui, Ott, âgé de 87 ans, est un porte-parole très sollicité pour les clubs et organisations civiques. « Je raconte l'histoire de Dorney et des événements qui s'y sont déroulé au cours des années. Je partage également de nombreuses anecdotes personnelles. Les gens adorent ces histoires et viennent souvent partager les leurs ensuite. Et je vois beaucoup d'anciens employés parmi eux. C'est amusant. » Ott se souvient de son retour à Dorney en 1946. Il était prêt. « La mécanique a toujours été un don chez moi. Lorsque j'étais commandant en second dans la marine marchande, je devais me consacrer à l'entretien. A Dorney, ses compétences m'ont aidé car je devais réparer et construire tous les jours. » Lorsque Bob Plarr s'en est allé en 1966, son frère Steve Plarr devint président mais tira également sa révérence peu de temps après avoir repris le parc. Ott devint président en 1967. Au cours des années 60, on vint lui demander de siéger au conseil d'administration de l'IAAPA. Il en devint un des responsables en 1970 puis le président en 1973. « C'était vraiment un honneur pour mois. Cela me fait sourire dès que j'y pense, aujourd'hui encore. » « Je n'avais jamais intrigué pour y parvenir. J'avais même refusé la première fois. » Se souvenant de la première convention à laquelle il ait assisté en 1954 à Chicago, Ott avoue avoir « beaucoup appris » des vétérans qui gérait l'association à l'époque. « J'étais jeune à l'époque. Ces gars m'impressionnaient. C'était des personnes incroyables qui n'hésitaient pas à partager leur savoir et leur expérience. » s Aujourd'hui, Sally et Bob vivent dans une maison de retraite à Allentown et selon Ott, la priorité numéro un est « la sieste ». Ils sont tous les deux en bonne santé et s'en réjouissent. « Quel bonheur de vieillir et de pouvoir toujours être actif » souligne-t-il. La vie offre plein de sensations fortes et Ott sait de quoi il parle. « J'ai toujours aimé les attractions qui vous donnent le frisson. Je suis monté sur toutes. » ajoute-t-il. « L'année dernière, je suis allé à Dorney et je suis monté sur Talon, le grand huit à l'envers. J'ai adoré. » Cet octogénaire va-t-il monter sur une autre attraction cet été ? « Aucun doute là-dessus » proclame-t-il puis ajoute une remarque qui ferait grincer des dents les propriétaires de parcs. « Cela serait tellement chouette de rendre mon dernier souffle sur un grand huit ! » Quelle idée ! Bien évidemment, cela serait une mauvaise publicité pour le parc mais quoi de mieux pour un ancien passionné des parcs qui veut toujours un dernier tour. » Earl Gascoigne Si vous allez à Deland, en Floride, vous aurez probablement la chance de croiser le président de l'IAAPA de 1985, Earl Gascoigne. N'importe quel jour, entre midi et une heure et demie de l'après-midi, vous le trouverez certainement au restaurant OB's. Entrez, cherchez un groupe d'anciens partageant leurs histoires et vous trouverez M. Gascoigne. « On s'amuse bien. C'est une tradition ici. » raconte à Funworld cet ancien propriétaire de parc, âgé de 79 ans. « A nos âges, le groupe se renouvelle sans cesse. » M. Gascoigne s'est retiré du secteur des loisirs en 1990 et avoue n'avoir jamais regretté le travail une seule journée. Il l'adorait « à l'époque où il suffisait d'une poignée de mains pour conclure un contrat. » Aujourd'hui tout a changé observe-t-il. « Quand je regarde le secteur maintenant, je comprends que nous avions peu de problèmes à côté de ceux rencontrés par les propriétaires de parc désormais. » Alors qu'il était satisfait de sa carrière de professeur d'université en 1962, les propriétaires de Cedar Point à Sandusky, dans l'Ohio, vinrent demander à M. Gascoigne de servir de liaison l'été entre les adultes de l'équipe de direction et les jeunes saisonniers. Il travailla un été, puis retourna à l'enseignement. Un jour d'automne la même année, il reçut un appel pour lui offrir un poste à temps plein en tant que responsable général à l'hôtel Breakers de Cedar Point. Il présenta sa démission, termina le semestre d'automne puis commença sa carrière dans le secteur des loisirs en janvier 1963. Deux ans plus tard, il devint le directeur de marketing du parc et conserva ce poste jusqu'en 1970, date à laquelle il fonda Funtime Inc. avec deux acolytes de Cedar Point, Gasper Lococo et Dale Van Voorhis, ouvrit le capital en bourse puis acheta Geauga Lake Park, au sud de Cleveland. « Nous avons récolté 1,5 millions USD lors de l'introduction en bourse et nous avons déboursé 750 000 USD pour le parc. » affirme-t-il. Cedar Fair a acheté le parc à Six Flags (qui l'avait acheté à Funtime en 1995) pour 145 millions USD en 2004. En 1982, M. Gascoigne estima que le temps était venu de quitter Funtime. Il s'associa avec d'autres investisseurs pour exploiter des jeux d'arcade au parc Old Indiana Amusement de Thorntown, dans l'Indiana. En 1990, il pris sa retraite et fit bâtir sa maison à Deland, où il vit avec sa femme Ava depuis lors. Après son déménagement en Floride, M. Gascoigne a fait l'acquisition d'un un cheval ambleur et la garde au manège Spring Garden de DeLeon Springs, en Floride, près de chez lui. Son premier cheval, Waycount Hanover, rompit le record sur 18 miles toutes races et tous âges confondus la première où M. Gascoigne en fut propriétaire. « J'ai gagné beaucoup d'argent grâce à ce cheval et j'ai attrapé le virus du jeu. » explique-t-il. « J'ai eu 40 chevaux différents à travers les années. C'était amusant mais globalement on y perd de l'argent. » Il a délaissé les courses. M. Gascoigne siégea à plusieurs comités et au conseil d'administration de l'IAAPA dans les années 70. Lors d'une réunion au début des années 80, le directeur exécutif d'alors, Bob Blunderd lui demanda s'il souhaitait occuper un poste de dirigeant et à terme devenir président. « Je pense qu'il s'attendait à ce que je demande du temps pour y réfléchir » se souvient M. Gascoigne. « Au lieu de cela, je l'ai regardé et j'ai répondu immédiatement " oui ". Je n'ai jamais regretté cette décision. C'était une expérience incroyable. Lorsque je suis devenu président de l'IAAPA, « seuls quelques attractions étaient ouvertes ; j'avais donc beaucoup de temps à consacrer à l'association. » Déjà retraité, il assista avec Ava à plusieurs conventions mais au cours de la décennie passée, il n'a pas pu voyager beaucoup. « J'ai du mal à me déplacer » admet-il. « Ma santé est bonne. Mon corps est encore vigoureux mais mes jambes sont faibles et instables. » Il s'empresse d'ajouter quelque chose qu'il avait oublié : « Ma tête va bien aussi !» Boyd Jensen Boyd Jensen a occupé le même poste au parc Lagoon à Farmington, dans l'Utah, depuis 1953. Il n'est pas seulement bon pour le poste, il est passionné. A 79 ans, il se rend toujours à son bureau au parc Lagoon quatre à cinq fois par semaine pour vendre la magie du parc aux groupes scolaires. Il commença comme travailleur saisonnier pendant l'hiver alors qu'il était étudiant en droit. En 1957, son diplôme de l'Université d'Utah en poche, il continua à travailler occasionnellement au parc tout en constituant son propre cabinet, qu'il dirigea pendant 18 mois. « J'aimais bien avoir mon propre cabinet mais ce n'était pas ma passion. Alors, quand j'ai trouvé une note sur mon bureau de Bob Freed (propriétaire de Lagoon Park) me proposant un poste à plein temps au parc avec un salaire équivalent à celui d'un bon d'avocat de Salt Lake City, j'ai saisi cette opportunité pour travailler entièrement au parc. » Il se rappelle que son salaire la première année était de 16 000 USD. « C'était bien en 1959 » fait-il remarquer. Il débuta en tant que responsable des ventes et renforça son groupe jusqu'à apporter plus de 50 % des recettes. Il dirigea également une salle de bal en dehors du parc pour les Freed et portait « plusieurs casquettes, notamment celle d'acheteur ». Lorsqu'il fêta ses 67 ans en 1995 et décida d'adopter un rythme plus calme, il confia les ventes à Dick Andrew, sauf pour les groupes scolaires, qu'il gère encore aujourd'hui de son petit bureau, et non du beau bureau qu'il a laissé à Andrew. Lagoon a dominé le secteur et l'IAAPA pendant de nombreuses années avant l'arrivée de Boyd Jensen. Bob Freed fut président de l'association en 1963 et Clark Robinson en 1981. Boyd Jensen participa à sa première convention en 1966 à Chicago. Bob Freed le présenta non seulement aux dirigeants de l'association mais également à tous les personnages importants du secteur des loisirs. Au début des années 70, Boyd Jensen se rendit à la convention d'automne et n'en manqua aucune depuis lors. Lui et sa femme Beverly ont manqué quelques conventions estivales « car ils se trouvaient où ils ne souhaitaient pas être. » Il siégea à de nombreux comités dès le début et organisa des séminaires sur l'entreprise et la publicité lors des conventions. L'entrepreneur légendaire Charles Wood nomma Boyd Jensen en tant que troisième vice-président. Le conseil d'administration donna son accord. Boyd Jensen devint troisième président de l'IAAPA en 1990. « La décision d'accepter cette nomination était parfaite. » déclare-t-il. « Personne ne s'est plus amusé que moi. » Il fut intronisé lors de la seule convention de l'IAAPA tenue à Washington. Pendant son mandat d'un an, Boyd Jensen se rendit en visite officielle au parc Grona Lund de Stockholm, en Suède, où il reçut la clé de la ville dans le cadre d'une cérémonie de bienvenue. Pour lui, ce moment était plein d'ironie. « Quarante ans auparavant, en 1950, lorsque j'étais à Stockholm en tant que missionnaire de l'Eglise de Jésus Christ des Saints des Derniers Jours, personne ne nous a témoigné de respect. J'y ai pensé quand je me tenais debout avec la clé dans la main. » C'est vers la fin de l'adolescence que Boyd Jensen décide d'être un membre dévoué de cette église. Son père et sa mère étaient des membres non pratiquants. Pendant les premiers jours de la Prohibition, lorsqu'il était encore jeune, son père fabriquait de la bière dans la cave de leur maison et Boyd manœuvrait une machine d'embouteillage rudimentaire et réalisait aussi d'autres tâches qui lui étaient confiées dans cette brasserie clandestine. Boyd Jensen rit maintenant en affirmant qu'il est le seul « contrebandier en bons termes » avec l'Eglise mormone. « La vie est tellement remplie de choses merveilleuses » avoue Boyd Jensen à Funworld, en faisant remarquer qu'il a été marié pendant 54 ans avec Beverly. « Je suis toujours en forme. Je fais du sport quatre à cinq fois par semaine et je mange mieux que jamais. » Il ajoute aussi que les meilleurs moments de sa vie sont ceux passés avec sa famille. Beverly et Boyd ont cinq enfants, 29 petits-enfants et trois arrière-petits-enfants. « Nous avons plein de moments tendres avec eux » nous confie un Boyd rayonnant. « Nous nous sentons comblés. »
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