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February 2006
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La patronne

June Hardin, présidente de Wapello Fabrications raconte son ascension à la tête d’un des fabricants de structures gonflables les plus respectés au monde.
par Tim O'Brien

En 1973, peu de temps après avoir pris en main une société en faillite, June Hardin, la nouvelle propriétaire d’une société en difficulté fabricant des structures gonflables à Wapello dans l’Iowa, était assise à son bureau se demandant comment redresser une société tout en étant aussi une épouse et une mère de quatre garçons.

La situation était complètement nouvelle et elle n’était pas sûre de pouvoir y faire face. « Une chose étonnante est alors arrivée », se rappelle-t-elle. « Un vieil homme est rentré dans mon bureau comme ça à l’improviste. Je n’ai jamais su qui il était ou comment il avait atterri dans mon bureau, mais le voilà debout devant moi. Il me sourit et me dit « Chérie ne t’en fait pas, tu t’en sortiras. Même en temps de crise, un homme a besoin de boire un coup et les enfants ont besoin de s’amuser. » Là dessus, il est sorti du bureau et je ne l’ai jamais revu. »

Aussi bizarre soit-il, c’était exactement le type d’encouragement dont elle avait besoin. A 36 ans, June Hardin, ancienne femme au foyer, réalisa à cet instant qu’elle était capable de diriger son entreprise et de réussir. A partir de là, le parcours a été plutôt rude.

Trente trois ans plus tard, Wapello Fabrications de J. Hardin est mondialement reconnu comme un leader en matière de structures gonflables de qualité. La transformation de mère au foyer et mère en dirigeant d’entreprise fut un « changement énorme » pour elle, tout en réalisant aujourd’hui qu’elle n’aurait jamais pu y parvenir sans le soutien de sa famille.

« C’est très difficile de réaliser quoi que ce soit sans le soutien de votre famille, particulièrement quand les enfants sont au lycée. » Elle n’a jamais manqué de soutien pour réussir, « et j’en suis extrêmement reconnaissante. » Sa famille, sa banque, ses amis, ses collègues, dans cet ordre, ont été ses supporters les plus fidèles au cours de ces premières années.

Un produit de qualité,

Un produit sûr

J. Hardin est fière de mentionner que ses produits sont actuellement les meilleurs sur le marché et aussi parmi les plus chers. « Ils sont plus chers parce qu’elle fabrique les meilleurs produits disponibles et qu’elle les soutient à 100 % », estime Skip Doyle de Doyle International, un client de longue date. « Les matériaux et le travail de qualité ne sont pas donnés. »

J. Hardin reste la vendeuse principale pour la société et sa clientèle est principalement constituée de fêtes foraines, de parcs, de sociétés de location, d’église et d’artistes indépendants. Wapello fabrique aussi des produits sur mesure pour d’autres fabricants de manèges et pendant la saison creuse, la société fabrique des bâches de camions et de bateaux et « tout ce que nous pouvons fabriquer avec des matériaux identiques et nos machines », précise-t-elle. Pendant les premières années de son existence, l’activité de Wapello était à 100 % consacrée aux attractions gonflables. Aujourd’hui, cette activité ne représente que 75 %.

« Quand j’ai commencé, les gonflables étaient une activité relativement nouvelle », explique J. Hardin. « Au début ce n’était que des matelas puis on a ajouté des côtés pour empêcher les enfants de tomber. » Ensuite, bien sûr, des toboggans et des aventures à thèmes ont été ajoutés, deux choses que J. Hardin n’intègre pas dans ses gonflables, pour des raisons de sécurité fait-elle remarquer.

La réputation de l’industrie des gonflables lui tient à cœur et dès le départ elle s’est engagée en faveur de la sécurité. Elle a présidé le comité ASTM F-24 pour les normes autonomes sur les gonflables et s’est impliquée dans tous « les groupes qui militent pour l’amélioration de la sécurité de notre industrie. »

« Au cours des années, June a énormément contribué aux aspects de sécurité pas seulement en paroles mais aussi en actions », estime Tom Sheehan, avocat spécialisé dans l’industrie, faisant remarquer aussi qu’elle a joué un rôle majeur dans le séminaire de sécurité d’AIMS depuis la création de cette organisation. Elle était membre du conseil d’administration initial lorsque AREA est devenu AIMS. « Elle s’est intéressée à tellement d’aspects de l’association, et son dévouement pour cette cause et ceux qui la défendent est tel que beaucoup d’entre nous l’appelons « maman », en toute affection. »

Jerry Aldrich d’Amusement Industry Consulting, une société conseil internationale pour l’industrie du divertissement, considère que ce secteur est beaucoup plus solide à cause de gens comme J. Hardin. « June apporte énormément à l’industrie à travers son engagement dans les diverses organisations de sécurité », déclare J. Aldrich. « Elle donne à l’industrie alors que beaucoup de gens prennent sans jamais renvoyer l’ascenseur à un moment ou à un autre. »

John Elio de CC Amusements dans le Bronx, New York, pense que Wapello occupe un créneau qui lui est propre. « Je suis un client de longue date et fidèle car je ne veux acheter que des produits de qualité. June connaît son métier et elle le fait mieux que n’importe qui. »

Les débuts

June Hardin ne nourrissait aucune ambition vis-à-vis de l’industrie des divertissements. Elle était littéralement au bon endroit au bon moment.

« Je jonglais entre un boulot dans une usine, femme au foyer et quatre garçons, tous sportifs ne manquant jamais ni un entraînement ni un match. J’étais aussi déterminée à les soutenir et à ne jamais manquer une occasion », dit-elle.

Un banquier, ami de la famille, suggéra au propriétaire précédent en proie à des difficultés financières d’embaucher J. Hardin pour l’aider au bureau. Elle fut embauchée et, lorsque les difficultés financières empirèrent, la banque prit possession de la société et au lieu d’une d’effectuer une saisie, la vendit à J. Hardin qui connaissait l’affaire. « La banque pensait qu’avec moi à la barre, il serait dans son intérêt de protéger son investissement », explique-t-elle en précisant qu’elle put acheter l’affaire sans payer d’acompte et grâce à un prêt favorable.

Afin de se distancer du propriétaire précédent, J. Hardin se mit en quête d’un nouveau nom. Il n’y avait que trois sociétés de structures gonflables à l’époque : Moonwalk, Space Walk et Sinda, et elle voulait un nom unique dont tout le monde se rappellerait. En fin de compte elle choisit Wapello (qui se prononce wop-a-low) Fabrications en s’inspirant du nom de la ville où son usine était située.

Quand on lui demande si elle hésita avant de reprendre l’affaire, elle se contente de rire sans répondre. « Je suis très fière de ce que nous avons réalisé », se contente-t-elle de dire.

« Le travail a été très dur au début. Le bâtiment que nous avons repris a brûlé et tous les modèles furent détruits. Il a fallu créer de nouveaux modèles. J’embauchai deux femmes qui avaient travaillé pour le propriétaire précédent et toutes les trois nous retroussâmes nos manches travaillant 50 à 60 heures par semaine. » Quand elle n’était pas dans l’usine en train de coudre et de couper, elle était dans son bureau pendue au téléphone pour vendre ses produits.

Elle admet que même si elle n’était « pas du tout une femme d’affaires » à ses débuts, elle s’améliora au fil des ans. « Je me demande encore si une personne avec plus de savoir-faire aurait pu faire mieux. » 

Une affaire familiale

La croissance rapide des sociétés de location qui achètent des structures gonflables pour les louer aux écoles, aux festivals et aux fêtes privées a engendré une demande pour de plus en plus de produits. De nouveaux fabricants sont apparus créant plus de concurrence pour J. Hardin. Les affaires continuent cependant de prospérer. « Elle a une longueur d’avance sur la concurrence », estime J. Aldrich. « Ses produits de qualités lui ont valu une excellente réputation dès le début et ses clients sont restés fidèles. »

Avec sept employés, deux de ses fils travaillent aussi à l’usine et son mari Don aide au moment des salons. Son fils Don est un designer et effectue toutes les conceptions sur ordinateur tandis que Kevin se spécialise dans les graphiques et la peinture à la main des produits finis. « Nous n’utilisons pas de sérigraphie », explique J. Hardin. « Kevin fait tout à la main. »

J. Hardin ne peut pas s’empêcher de rire quand elle pense au passé, à l’époque où elle était la seule femme à diriger une société fabriquant des manèges. « Je faisais confiance à tout le monde et je m’en suis mordu les doigts plusieurs fois », dit-elle en ajoutant : « J’ai mis longtemps à comprendre que pas tout le monde était originaire du Midwest. » Elle se rappelle aussi de nombreux appels téléphoniques d’hommes lui demandant de leur passer « le propriétaire. »

Au cours de l’année passée, J, Hardin a dû un peu ralentir à cause de problèmes dans ses jambes et son dos dus à des blessures de compression dans le bas du dos. Elle a eu une opération en septembre 2005, mais était présente sur le stand de Wapello à l’exposition de l’IAAPA d’Atlanta. Les docteurs lui avaient dit qu’il lui faudrait un an pour que son dos se remette. Alors que l’entretien touche à sa fin, J. Hardin sourit et demande : « vous n’allez pas bêtement me demander si je vais bientôt prendre ma retraite ? »

« Non, je n’avais pas l’intention de poser cette question, mais puisque vous abordez le sujet, allez-vous prendre votre retraite bientôt ? »

J. Hardin sourit. « Je n’ai aucune intention de m’arrêter. »


Unis et responsables

J. Clark Robinson, président de l’IAAPA, a mis en place un plan stratégique tout en structurant et en organisant le personnel. Il passe la main à Charlie Bray pour la prochaine phase de l’évolution de l’IAAPA.

Par Tim O’Brien

Une nouvelle ère va commencer pour l’IAAPA le 1 er février 2006 lorsque J. Clark Robinson quitte son poste de président pour devenir directeur des affaires internationales de l’organisation.

Charles Bray, directeur financier de l’IAAPA, qui a rejoint l’association en juillet 2004, prendra en main les rênes de l’organisation. « Dès le départ, j’ai clairement indiqué que je n’étais pas là pour très longtemps », explique J. Robinson qui est devenu président intérimaire en juin 2002, puis président en novembre 2002.

J. Robinson n’était pas à la recherche d’un emploi quand on lui a proposé ce poste. Il avait quitté Lagoon Park à Farmington dans l’Utah en 1998, pour partir en Australie occidentale diriger une mission de l’église mormone pendant trois ans à l’issue desquels il revint dans l’Utah pour profiter de sa retraite et se consacrer à ses 18 (« et ce n’est pas terminé », fait-il remarquer) petits-enfants avec sa femme DeeAnn.

Lorsque J. Robinson est revenu aux Etats-Unis en 2001, l’IAAPA avait besoin de l’expérience et de la sagesse d’un professionnel du secteur.

« La plupart des gens ne réalisaient pas l’état critique dans lequel se trouvait l’association à l’époque », se rappelle Gary Story, ancien président de l’IAAPA et président de Six Flags. « Nous étions confrontés à plusieurs problèmes qu’il nous fallait résoudre comme, par exemple, les multiples attaques des médias au sujet de notre niveau de sécurité. »

Il n’a pas fallu longtemps aux membres du conseil d’administration pour réaliser que ce vétéran de l’industrie était la personne providentielle capable de stabiliser la plus importante association mondiale de parcs d’attraction. Grâce à ses talents relationnels, le conseil d’administration savait qu’il était l’homme de la situation capable de nouer des liens et de réorganiser le personnel. Cinq mois plus tard le poste à plein temps lui était offert.

J. Robinson accepta le défi car « c’était une façon de montrer ma gratitude à une association qui m’avait tellement donné au cours des années et de terminer ma carrière dans une industrie que j’aime profondément. Croyez-moi, je n’y suis pas retourné pour mon bien-être ni pour celui de ma famille. » Lorsqu’il accepta ce nouveau rôle à plein temps, il spécifia bien clairement qu’un plan de succession devait être mis sur pied et qu’il ne resterait pas plus de cinq ans en place.

Pour John Graff, ancien président de l’IAAPA qui a servi l’association pendant 20 ans avant de prendre sa retraite : « Clark était le choix logique pour ce poste. Tout le monde savait à quoi s’attendre et les gens lui firent confiance dès le départ. Nous connaissions tous son tempérament ainsi que ses capacités. »

Pour G. Story l’état de l’association était similaire à « Humpty Dumpy tombé du mur et en mille morceaux. Personne d’autre n’aurait aussi bien réussi à recoller tous les morceaux. »

John Collins, un ancien président qui a travaillé en étroite collaboration avec J. Robinson, confie à Funworld : « Clark était la bonne personne pour tenir la barre. Nous étions et nous sommes encore très chanceux de l’avoir parmi nous. J’espère qu’il restera avec nous pour toujours. »

J. Robinson ne mit pas longtemps à imposer son style « Clark a fait faire des progrès remarquables à l’association pendant sa présidence », estime Jane Cooper, présidente de l’association en 2005. « Il a développé des stratégies pour guider l’association dans la planification et le développement de programmes et il a aussi renforcé notre gouvernance, notre conseil d’administration et nos comités. »

J. Cooper ajoute que J. Robinson « laisse une organisation à l’efficacité grandement améliorée à travers des pratiques commerciales saines et un leadership très bien développé. »

Avec un peu d’aide

J. Robinson se rappelle avoir reçu un soutien total au moment de son accession à la présidence. « En tant qu’ancien président, j’ai bénéficié de beaucoup de soutien de la part de mes collègues que je connais depuis des années », raconte-t-il. « Cette confiance, tant de la part du conseil d’administration que de l’industrie était évidente dès le départ et j’ai réalisé qu’ils attendaient de moi que je prenne les décisions qui s’imposaient. J’ai pris les choses en main, sans compromis et j’ai fait ce qui, selon moi, devait être réalisé pour le bien de l’association. »

G. Story pense que la connaissance intime qu’a J. Robinson de l’industrie et de l’association lui a permis d’élaborer une vision claire de ce que l’IAAPA devait faire afin d’établir un rapport avec l’industrie.

D’Après J. Robinson, une des premières choses qu’il voulait faire lorsqu’il a pris les choses en charge à l’IAAPA était d’unir et de responsabiliser le personnel. « J’étais un exploitant de parc pas un président d’association. Je savais que pour réussir, il fallait que je m’entoure d’un groupe de professionnels. J’aime déléguer et j’ai vite compris qu’une équipe professionnelle et motivée serait la clef », explique-t-il. « Ce n’est pas tellement qui vous êtes mais qui vous avez autour de vous. »

Il secoue la tête quand il explique que tellement d’organisations font de gros efforts pour développer des plans stratégiques mais une fois que les plans sont finis, ils sont rangés dans un placard et ignorés. Dès son arrivée à la tête de l’IAAPA, il a mis la main sur le vieux plan stratégique, l’a épousseté et a commencé le processus d’en mettre un nouveau sur pied. « Nous savions que nous devions avoir une direction claire, un plan stratégique réaliste avant de développer un plan commercial devant être suivi par l’association au cours des années à venir », explique t il ajoutant que le travail effectué dans le développement de ce nouveau plan stratégique a changé la façon dont l’IAAPA opère.

Des fondations solides

Dès le départ, une des différences frappantes était que J. Robinson était une personne de l’industrie et non pas un cadre, gestionnaire professionnel d’association. Ses décisions et son style de dirigeant sont basés sur des instincts développés pendant presque 50 ans au sein de l’industrie.

J. Robinson a commencé sa carrière à Lagoon Park à l’âge de 8 ans. Il habitait à côté du parc dans une exploitation laitière et il était payé 25 cents par jour pour nourrir les singes et nettoyer leurs cages. Ses débuts dans l’industrie des divertissements furent un jour abruptement terminés lorsqu’il oublia de fermer la porte de la cage permettant aux singes de s’échapper. Il garda son emploi avec le parc et fut plus tard transféré, à la piscine où il devint responsable des paniers à serviettes.

Tout au long du lycée et de l’université il continua d’être employé par le parc, occupant de nombreux postes, y compris des rôles de supervision comme « responsable de la fascination », responsable des jeux, responsable de la restauration et responsable pique-nique. Il avait aussi le temps de jouer receveur dans l’équipe de football américain du lycée. Sa dextérité lui valut d’obtenir une bourse à l’université de l’Utah où il joua au football pendant quatre ans tout en décrochant son diplôme de comptable. Il obtint son MBA de l’université en 1966. (Les activités sportives de J. Robinson continuent à ce jour ; il a remporté plusieurs championnats de tennis vétéran et a aussi représenté les Etats-Unis à ce niveau.)

J. Robinson a rencontré DeeAnn au cours d’un festival de chanson alors que tous les deux étaient à l’université. Il fallut quelque temps avant que les choses deviennent sérieuses mais dès qu’il la rencontra : « je ne suis plus sorti avec quelqu’un d’autre », dit-il. Ils se sont mariés le vendredi 13 mars 1964, sans cependant pouvoir partir en voyage de noces avant le lendemain après-midi. « C’était la semaine des examens et j’en avais un le samedi matin », explique J. Robinson se rappelant aussi être particulièrement irrité par son professeur qui ne voulut pas le laisser passer son examen plus tôt dans la semaine. « Nous nous sommes mariés le vendredi soir et je me suis levé le samedi matin à 7 h 00 pour passer mon examen, je suis revenu j’ai pris DeeAnn et nous sommes partis à Las Vegas en voiture. Ils revinrent chez eux le dimanche soir, et DeeAnn commença sa carrière d’enseignante le lundi tandis que J. Robinson retournait suivre ses cours.

Le fiasco du lendemain du mariage ne troubla pas DeeAnn pour autant. Elle rit en se rappelant qu’elle se leva « alla nettoyer l’appartement où Clark et moi allions vivre tandis que Clark passait son examen. »

A la conclusion de son MBA, J. Robinson était prêt à travailler pour un cabinet d’experts comptables, lorsque, au même moment, le contrôleur de Lagoon Park décida de partir. Robert Freed, ancien président de l’IAAPA, et à l’époque directeur général du parc offrit le poste à J. Robinson. « Je n’avais jamais pensé à Lagoon en tant que carrière », explique-t-il. « Mais j’aimais ce parc et je le connaissais par cœur… J’étais aussi très attaché et j’avais beaucoup de respect pour toute la famille Reed, propriétaire du parc, alors quand l’occasion s’est présentée, je n’ai pas hésité. »

Lorsque R. Freed décéda en 1974, J. Robinson fut promu directeur général, un poste qu’il a occupé jusqu’à sa retraite en 1998. Lorsqu’il prit en charge l’IAAPA en 2002, J. Robinson était loin d’être un nouveau venu dans l’association. Il avait auparavant siégé pendant 27 ans dans le conseil d’administration de l’IAAPA, y compris deux mandats de trésorier et 12 ans dans le comité directeur des finances. Il fut aussi président en 1981, quelque chose qu’il n’avait jamais pensé devenir. « Je n’étais pas un propriétaire de parc et quand j’ai commencé à occuper divers postes de directeur en 1978, seuls Carl Hughes et Truman Woodworth me précédaient en tant que président non propriétaire. »

Le premier salon de l’IAAPA auquel J. Robinson participa était la convention de 1964 à la Sherman House de Chicago. A partir de là il ne manqua aucune convention jusqu’en 1998, lorsqu’il était en Australie. « J’avais tourné la page et honnêtement je ne pensais pas du tout retourner travailler dans l’industrie », avoue-t-il à Funworld.

Avec DeeAnn, il revint s’installer dans l’Utah en 2001. Ils se rendirent au salon et à la convention d’Orlando et, en tant qu’ancien président, J. Robinson assista à la réunion du conseil d’administration tout simplement pour le plaisir de revoir de vieux amis. Cependant, quelques mois plus tard le président de l’époque Alain Baldacci lui donna un coup de fil. « Il me demanda si je serais intéressé par une position intérimaire, j’ai répondu oui et tout a commencé », raconte-t-il. En quelques semaines, il était nommé président intérimaire et prit une résidence secondaire près des bureaux de l’IAAPA à Alexandria en Virginie.

Nouveau poste

Son nouveau poste de directeur exécutif des affaires internationales, est une solution qui bénéficie à tout le monde, tant J. Robinson que l’association, explique G. Story. « Personne d’autre que Clark Robinson peut mieux remplir le rôle d’ambassadeur mondial pour l’IAAPA », estime G. Story. « Clark a répondu présent pour créer une position qui va nous aider à grandir à l’échelle mondiale de la même façon qu’il était là en 2002 pour relever le défi de positionner l’association pour l’avenir. »

Dans son nouveau rôle, J. Robinson va voyager dans le monde entier en tant que représentant de l’IAAPA et s’adresser à des groupes spécifiques de l’industrie, aux gouvernements, aux fabricants et aux fournisseurs ainsi qu’aux membres individuels. G. Story ajoute que « rien ne vaut » le recrutement de nouveaux adhérents en tête en tête, une activité à laquelle J. Robinson va se consacrer.

J. Collins pense que la présence de J. Robinson en tant qu’ambassadeur itinérant de l’IAAPA jouera un rôle important pour le futur de l’association. « Nous avons la personne idéale qui a travaillé des deux côtés de la barrière pour représenter l’association », note J. Collins. « Nous avons des adhérents dans 92 pays et de ces nombreux pays n’ont pas d’association à laquelle leurs parcs peuvent adhérer. Clark va être en mesure d’aider ces parcs dans les pays où il n’y a pas d’associations nationales et potentiellement les aider à en créer qui leurs sont propres. Non seulement Clark va aider l’IAAPA mais il va aussi être d’une importance capitale pour toute l’industrie dans le monde entier. »

J. Graff fait remarquer que « tandis que nous façonnons l’industrie mondiale du divertissement », il y a des inquiétudes et des soupçons légitimes. « Clark pourra se concentrer sur ces défis mondiaux et grâce à son expertise créer des liens et des alliances solides et tangibles qui profiteront à tout le monde. »

Ce nouveau poste est apparu suite à l’expérience de J. Robinson au cours de ces trois dernières années. « Une présence mondiale est très importante et j’ai fait autant que j’ai pu mais il reste encore tant de choses à faire. Il fallait que je sois au bureau, il fallait que je voyage et je voulais être avec ma famille. Ça ne pouvait plus durer », explique-t-il en notant que ses nouvelles responsabilités itinérantes permettront à C. Bray de se concentrer sur le fonctionnement quotidien et la supervision de l’association. « Charlie sera en mesure de passer plus de temps au bureau que je ne pouvais le faire et de se concentrer sur la supervision des trois salons commerciaux majeurs et sur l’achèvement de la restructuration que nous avons commencée. »

Lorsque Bray a été engagé en tant que directeur financier il y a 20 mois, c’était avec l’engagement implicite que sa candidature serait considérée quand J. Robinson abandonnerait ses fonctions. « Je voulais qu’il développe une bonne connaissance de notre industrie et qu’il assiste deux fois à chacun de nos salons », explique J. Robinson. « Cela lui a permis de se familiariser totalement avec l’industrie et de convaincre le conseil d’administration de ses capacités. »

« Charlie a dépassé toutes nos attentes », estime G. Story. « C’est probablement le plus long entretien d’embauche qu’il a dû passer. »

J. Robinson commente qu’il ne prend pas sa retraite, il change simplement de centre d’intérêt et qu’il a accepté ce rôle international car, non seulement il aura plus de temps pour profiter de famille grandissante, mais il continuera aussi à servir la plus importante association professionnelle du divertissement au monde, un groupe qui a « tellement compté pour ma famille et moi-même au fil des ans. »


Sculptés par l’air

Les structures gonflables évoluent et offrent de nouveaux modèles très divertissants en mettant aussi l’accent sur la sécurité

Par Keith Miller

Aucun enfant ne peut résister à l’attrait d’un château ou d’un toboggan gonflable. Ces structures pleines de couleur et ondoyantes où l’on peut sauter à cœur joie sont tout simplement irrésistibles. Cependant l’industrie de l’attraction gonflable évolue et des changements sont en train d’apparaître dans la conception, la construction et les thèmes des attractions, tout en mettant plus l’accent sur la formation et la sécurité.

Les tailles, les formes et les couleurs des structures gonflables sont multiples et variées et ce qui plait dans un endroit n’est pas forcément populaire dans un autre. Sur certains marchés les structures gonflables à thèmes cinématographiques font fureur. Ailleurs, ce sont les parcours d’obstacles et les jeux.

« Le niveau de popularité dépend du site et des tranches démographiques », explique Carol Crain responsable des ventes et du marketing pour Ninja Jump Inc. à Los Angeles. « Par exemple notre structure inspirée du dessin animé Madagascar est très populaire en Australie. » Avec plus de 120 modèles et tailles différentes, Ninja Jump se spécialise dans les structures gonflables sous licence et se présente comme le détenteur exclusif de licences Walt Disney Company, Universal Studios, Nickelodeon et autres, pour la fabrication de structures gonflables.

Cutting Edge Creations Inc. à Egan, dans le Minnesota a produit un des plus populaires toboggans jamais créé, le Titanic inspiré par le film à grand succès de 1997 « Titanic. » Cependant, Bob Field, vice-président responsable des opérations met en garde contre ces structures qui selon lui n’ont pas que des avantages. « Nous essayons de ne pas trop adopter de produits à thèmes cinématographiques car parfois leur popularité ne dure pas très longtemps », explique-t-il. « Nous nous efforçons par conséquent de développer nos propres thèmes en privilégiant des articles qui vont durer des années comme les dinosaures ou les thèmes de l’espace. »

La société de Bob Field a une gamme de 25 toboggans et 20 parcours d’obstacles gonflables. Selon lui : « Les parcours d’obstacles à thème, comme notre Château du Dragon, sont probablement, avec les toboggans, les plus populaires dans l’industrie à l’heure actuelle. »

Les structures à plusieurs activités sont aussi très en vogue. « La tendance actuelle est à l’interactif », explique C. Crain. « Non seulement vous pouvez rebondir, mais il y a aussi un panier de basket-ball, un parcours d’obstacles, un toboggan, tout en même temps… cinq activités pour le prix d’une. »

Richard Taylor, directeur commercial pour Jumbo Inflatables Ltd. à Hinckley, dans le Leicestershire en Angleterre, remarque qu’en Europe les structures gonflables interactives avec un thème sportif sont presque aussi populaires que les toboggans et sont très prisées par les adolescents et les adultes. « Tout ce qui introduit un élément de compétition ou un défi, comme le basket-ball associé à un parcours d’obstacles. »

Une des structures gonflables sportives les plus impressionnantes de Jumbo est le baby-foot grandeur nature qui, lorsque gonflé, couvre une superficie de 700 pieds carrés. « C’est similaire au baby foot courant que vous trouvez dans les bars », explique M. Taylor. « Il possède six longues perches jointes au milieu et le jeu comprend deux équipes de cinq se disputant un match de foot. Les joueurs peuvent se déplacer latéralement le long des perches mais ils n’ont pas le droit d’aller vers l’avant ou vers l’arrière ; ça ressemble vraiment à une partie de baby-foot. »

En ce qui concerne les différences du marché en fonction de la géographie, B. Field estime qu’il faut du temps aux styles et aux thèmes introduits aux Etats-Unis, avant de devenir populaires ailleurs. « J’estime qu’il faut deux à trois ans avant que les produits lancés ici deviennent populaires à l’échelle internationale. Nous continuons de recevoir des appels internationaux pour notre toboggan Titanic qui est sorti en 1998. »

Même si la plupart des sociétés produisent des structures gonflables pleines de couleurs et de thèmes fantastiques, une société se spécialise dans des thèmes plus sinistres. Distortions Unlimited/Brainchild Design Lab LLC de Greeley, dans le Colorado, se spécialise dans les thèmes plus sombres et s’efforce de donner à ses structures gonflables des contours plus saillants afin de les rendre plus menaçantes.

« Lorsque l’idée de la Bête (The Beast) m’est venue à l’esprit, je crois que c’était en revenant du salon de l’IAAPA, il y a quelques années », raconte Ed Edmunds, président de la société, « et je me demandais pourquoi les gens fabriquaient des gorilles bleus alors qu’ils pouvaient créer des attractions beaucoup plus délirantes. » La Bête est un monstre gonflable de 150 pieds de long qui a fait des débuts inoubliables au salon de l’IAAPA à Orlando en 2002. Les visiteurs entrent par la bouche du monstre, traversent son cœur battant, font le tour de son estomac et des intestins tout en découvrant divers effets spéciaux.

« Nous l’avons vendu dans plusieurs pays – 14 ou 15 jusqu’à présent », dit E. Edmunds. « Nous pensions que toute organisation qui positionnerait cette attraction dans une artère fréquentée en retirerait d’énormes bénéfices. Celui de Hongkong est le plus populaire de tous – 120 000 personnes en 30 jours. »

La société a aussi créé le Géant, une personne gonflable taille géante et les façades Crâne et Clown qui font office d’entrée sinistre pour certaines attractions.

Conseil pour les acheteurs

Certains mettent en garde les acheteurs potentiels contre les fabrications de mauvaise qualité et les encouragent vivement à faire très attention aux matériaux et aux conceptions. « Nous utilisons un matériau enduit de 22 pouces pour la base et pour le sommet nous utilisons un matériau de bonne qualité fabriqué aux Etats-Unis », explique June Hardin, présidente de Wapello Fabrications de Wapello dans l’Iowa, qui se spécialise dans les structures gonflables de base comme les oreillers et les échelles (voir notre article à la page 26). Des coutures doubles, triples et quadruples et un tissage en nylon renforcé aux points d’effort sont les autres caractéristiques qu’un acheteur doit vérifier. La durée de vie d’une structure gonflable se situe entre 5 et 7 ans même si cela peut beaucoup varier en fonction de l’entretien et des soins.

D’après R. Taylor, les gonflables avec un élément aquatique doivent être conçus et construits différemment : « Le matériau est différent et le coton est plus épais et plus solide. Par ailleurs les éléments doivent être plus longs et plus minces à cause des aspects liés à la supervision, il faut pouvoir être en mesure de voir les personnes. »

Les structures gonflables de grande taille posent des problèmes spécifiques. « Les grandes structures gonflables ont tendance à s’affaisser et à perdre leur forme », explique E Edmunds, « et c’est un des problèmes pour les structures qui ont un aspect sinistre. Aussi, avec des structures comme La Bête, même si elle est constituée de sections, il nous faut cinq personnes pour la faire passer sous une machine à coudre ! »

Un des aspects qui a connu des bouleversements récents est l’impression graphique sur les surfaces. « Beaucoup de sociétés continuent d’utiliser leurs propres artistes », dit C. Crain « Notre impression numérique effectue ce travail beaucoup plus rapidement. » Les imprimantes multicolores numériques peuvent produire des graphiques et des conceptions 3-D très élaborées avec une qualité similaire à la photographie.

Le coût des attractions gonflables varie considérablement en fonction de la taille, de la complexité, des caractéristiques spéciales et de la qualité des matériaux. « Le prix de nos produits varie entre 2 000 euros (2 420 $) et 25 000 euros (30 262 $) », déclare Wytze Kaastra, PDG de Sidijk B.V. à Grou, Friesland aux Pays-Bas, dont la clientèle est essentiellement composée de parcs d’attraction et de sociétés de location d’Europe occidentale.

Les plus importants acheteurs sont les centres de divertissement familial, les fêtes foraines, les parcs d’attractions, les associations et les sociétés de promotion. Il arrive parfois même que les zoos et les musées deviennent clients. « Nous avons vendu notre toboggan Titanic au musée Titanic et nous avons vendu des tremplins gonflables à des zoos », dit B. Field.

Les plus importants clients cependant sont peut-être les sociétés de location de produits de plein air qui louent des attractions gonflables de haute qualité à toute une variété de clients. « Il existe 12 000 à 15 000 sociétés de location aux Etats-Unis », explique C. Crain, « et nous faisons de gros d’efforts même vis à vis des plus petites d’entre elles en leur donnant beaucoup de soutien. »

Beaucoup de fabricants indiquent que les grands parcs d’attraction à thèmes ne sont pas de gros acheteurs de structures gonflables et Barry Richard un consultant pour Certified Safety Professional avance plusieurs raisons : « Les grosses structures gonflables ont besoin de beaucoup d’opérateurs pour des raisons de sécurité et ils ne durent pas aussi longtemps que les autres manèges. En plus, les parcs d’attractions sont intéressés par les attractions avec un débit de clientèle élevé et quand les gamins montent sur une structure gonflable, ils veulent sauter pendant longtemps ; quelques minutes ne suffisent pas. »

La sécurité avant tout

Récemment l’industrie des gonflables a intensifié ses efforts en matière de sécurité. Les fabricants expliquent que plusieurs facteurs sont responsables de cette nouvelle attitude, y compris l’apparition sur le marché de produits de qualité médiocre, la prévalence de certaines sociétés de location qui ne montent pas toujours correctement les gonflables et ne les supervisent pas très bien et l’attention que portent les avocats spécialisés aux accidents.

R. Taylor estime que l’Europe est en avance sur les Etats-Unis dans ce domaine. « Au Royaume-Uni et dans toute l’Europe, des normes sont en train d’être adoptées pour veiller à la qualité des matériaux, de la conception et du fonctionnement. Si nous ne nous étions pas consultés pour régler les problèmes, les gouvernements auraient pris des décisions pour nous. »

Aux Etats-Unis, l’industrie commence à peine à lancer des consultations à ce sujet. « Le mot à la mode en ce moment est gestion du risque », révèle B. Field. « Nous essayons d’être à la pointe de programmes de sécurité à travers lesquels les exigences et les directives sont établies par l’intermédiaire de normes ASTM que tout le monde doit respecter. Les structures gonflables devraient être considérées comme des manèges. A l’heure actuelle toutefois, l’industrie est totalement disparate. »

B. Field a plusieurs suggestions de sécurité pour les acheteurs de structures gonflables : « Ils doivent créer une stratégie de gestion du risque pour leur société, nommer un responsable sécurité, organiser des réunions de sécurité, se familiariser avec les modes d’emploi, obtenir des certifications pour leurs opérateurs et conserver sur site un appareil photo et des formulaires de déclarations d’accident afin de pouvoir documenter tout incident. »

Une mesure de sécurité développée par la société de B. Field est le système de conservation de l’air permettant de maintenir la structure gonflée, même en cas de défaillance du dispositif de soufflage, afin de procéder à l’évacuation des clients. B. Field est aussi un partisan d’une sirène d’alarme. « Si le dispositif de soufflage a des problèmes, une sirène de 120 décibels signale à l’opérateur d’évacuer l’attraction. »

Quand à l’avenir, C. Crain révèle : « Nous allons introduire des structures plus légères et ignifuges. Rouben Gourchounian, président de Ninja Jump, travaille énormément sur ce projet. »

« La créativité est la clef de la réussite », estime B. Field. « Un nouveau produit en démonstration cette année à l’IAAPA est une structure avec de l’air bloqué sans dispositif de soufflage, capable de rester droit pendant des jours entiers éliminant ainsi le risque de défaillance du dispositif de soufflage. »

De son côté W. Kaastra envisage les plus grands changements dans le domaine des graphiques : « La 3-D apporte plus de possibilités en matière d’aspects visuels. Auparavant, lorsque vous dessiniez la tête d’une personne, elle n’avait qu’une dimension alors que maintenant vous pouvez voir le nez en relief. Pour rester dans le coup, il faut développer de nouveaux produits. Ne pas se renouveler équivaut à perdre des parts de marché. »