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French En mouvement Andy Quinn chez Kennywood s’emploie quotidiennement à jeter des ponts entre la communauté et son parc d'attractions Par Tim O’Brien En sa capacité de directeur des relations communautaires du parc d'attraction Kennywood Entertainment, Andy Quinn a travaillé dur comme employé, comme lobbyiste et comme étudiant pour maintenant aborder une autre route. « Les projets d'autoroutes sont importants pour Kennywood », dit Andy Quinn au magazine Funworld. « Notre parc est très bien connu sur le marché de Pittsburgh et dans les environs, et les admissions se portent bien mais tous les visiteurs vous le dirons, ce n'est pas facile de s’y rendre. L'accès au parc a toujours été difficile. » En dehors de ses autres responsabilités dans la communauté et au gouvernement, M. Quinn est membre du conseil d'administration de la MPO (Metropolitan Planning Organization). Cette responsabilité fait partie intégrante de ses fonctions de représentant d'une entreprise dont le développement à long terme dépend de la construction d'une nouvelle route. « Rien ne se construit en Pennsylvanie sans l'accord de la MPO », constate M. Quinn. Au début de l'année, pour souligner la nécessité d'une nouvelle route reliant une partie de la Virginie-Occidentale à la région de Pittsburgh, des représentants de Kennywood ont publiés une étude montrant que l'impact économique du parc s'élève à 136 millions de dollars, la plus forte contribution provenant d'une seule entreprise de loisirs dans l'ouest de la Pennsylvanie. En comparaison, la franchise de baseball de la Ligue majeure des Pirates de Pittsburgh ne s'élève qu'à 125 millions de dollars, alors que la Ligue majeure des Steelers de Pittsburgh se chiffre à 85 millions. À la même époque, le parc annonçait des dépenses d'environ 2,6 millions de dollars pour deux parcelles de terrains mitoyens, totalisant près de 25 acres (env. 10 ha) pour une expansion future qui comprendrait d'autres montagnes russes et probablement un parc d'attractions nautiques. Cependant, cette expansion dépend de la construction de l'autoroute Mon-Fayette. Une bretelle sera construite à 500 pieds du parc de stationnement actuel de Kennywood et M. Quinn estime que 700 000 visiteurs supplémentaires par an se rendraient au parc d'attraction une fois la route en place. Le guerrier de la route En tant qu'agent de liaison du parc auprès du gouvernement de l'état, M. Quinn fait les 400 milles aller-retour entre Pittsburgh et Harrisburg, la capitale de l'état, plusieurs fois par mois. C'est là qu'il se consacre à faire révoquer l’impôt sur les divertissements, une réforme qui profitera aux attractions de Pennsylvanie. En tant que président du Comité de liaison avec le gouvernement de l'IAAPA, M. Quinn conseille le service de liaison avec le gouvernement de l'IAAPA et le conseil d'administration sur les tendances qui émergent dans les relations avec le gouvernement, à la fois au niveau fédéral et au niveau de l'état. Il rend fréquemment visite à l'Assemblée législative de Pennsylvanie et aux membres concernés de l'Assemblée nationale des États-Unis à Capitol Hill, à Washington, D.C., pour instruire les fonctionnaires de l'administration sur les problèmes qui touchent le secteur des divertissements. « La grande expérience d'Andy dans les petits parcs d'attractions est précieuse dans son rôle de responsable des relations avec le gouvernement. Il a non seulement une grande affinité et une connaissance intime de ce secteur où il excelle, mais il sait aussi très bien qu'il est essentiel d'avoir un programme cohésif dans les relations avec le gouvernement », explique Randy Davis, vice-président des relations avec le gouvernement pour l'IAAPA. « Il connaît les rouages du gouvernement, et sait rester sur la bonne voie pour influencer les décisions des législateurs. » M. Davis souligne que M. Quinn a aidé l'IAAPA à définir l'orientation de la mission du comité. M. Quinn est aussi très actif dans l'Association des parcs et attractions de Pennsylvanie (PAPA), ayant été membre du comité depuis le milieu des années 80 et servi comme président du groupe en 1991-92. Il est aujourd'hui président du comité de liaison avec le gouvernement de PAPA. À la lecture du CV de M. Quinn, on pourrait conclure que les relations avec le gouvernement sont son fort. « Effectivement, il y a là une tendance », répond M. Quinn en riant. « J'aime le côté politique, mais ça me rends aussi complètement fou. On m'a demandé à un moment de me présenter aux élections, et je l'ai presque fait. Mais en voyant le barème des salaires et rien qu'à penser aux tournées d'engagements et de dîners officiels de rigueur, j'ai décidé que j'étais plus fait pour être lobbyiste. » « Andy a les pieds sur terre et de la prestance et d'après ce que j'ai vu, il est imperturbable. Rien ne semble le troubler ou le décourager », fait remarquer Wayne Pierce, membre du comité de liaison avec le gouvernement et avocat de l'industrie du cabinet Pierce à Annapolis, au Maryland. « Il est de très bonne compagnie et cependant il maintient toujours son attitude professionnelle et sa bonne grâce. Il est totalement à l'aise dans l'arène politique. » Héritage familial M. Quinn appartient à la quatrième génération dans la lignée de son arrière-grand-père, A.S. McSwigan, à travailler pour Kennywood. McSwigan s'est associé à F.W. Henninger en 1906 pour prendre en charge le parc d'attraction vieux de 8 ans qui appartenait à la Monongahela Street Railway Company. Le parc appartient maintenant aux deux familles, qui l’exploitent depuis cette époque. (Tom, le père de M. Quinn, n'aimait pas cette activité et n'a travaillé à plein temps pour le parc que pendant un an.) Pendant ses études au collège Wheeling (Virginie Occidentale), Andy Quinn travaillait en été à Kennywood pour payer ses études. Après avoir obtenu une licence de commerce en 1975, il ne savait pas quelle carrière il allait embrasser. Son père lui a fait remarquer qu'aucun membre de l'entreprise venant de la famille McSwigan n'avait travaillé au parc depuis dix ans et a suggéré à son fils de se joindre à l'entreprise familiale. « Il était malin », se rappelle Andy Quinn avec un sourire. « Il m'a dit : ‘Andy, va travailler au parc, reste y cinq ans et après tu peux faire ce que tu veux.’ Bien sûr, pendant ces cinq ans je me suis marié et j'ai fondé une famille et je ne pouvais pas me permettre de partir. Je suis aussi tombé amoureux de ce parc d’attractions, et il savait bien que c'est ce qui se produirait. Il m'a bien eu, et en y réfléchissant, je peux dire que je n'en suis pas mécontent. » Aujourd'hui, les propriétaires des deux côtés de l’organisation, la famille Henninger et le clan McSwigan, se gardent bien d’insister sur le fait que « je suis un propriétaire de ce parc », ajoute Andy Quinn. « En ce qui me concerne, j'y travaille. Bien sûr, ça serait difficile de me licencier et de se débarrasser de moi, mais je suis toujours employé. » Au cours des années, bien qu’on n’ait pas annoncé qu'il était de la famille, ses collègues de travail savaient qui il était. Aujourd'hui, deux de ses fils représentent la cinquième génération de membres de la famille à travailler au parc. Pour éviter toute impression de népotisme, ils l'appellent Andy. Il y a des avantages à être membre de la famille mais il y a aussi des inconvénients, selon M. Quinn. « En tant que membre de la famille, on vous regarde un peu différemment, et vous devez toujours fonctionner à cent dix pourcent », fait-il remarquer. « Les autres employés vous considèrent comme un leader et suivent votre exemple. Qu’il s’agisse de ramasser quelque chose qui traîne ou de recevoir des invités, les autres employés remarquent immédiatement si on se relâche et ils prennent ça comme une indication qu'ils peuvent en faire autant. » M. Quinn se déclare satisfait que les postes divers qu'il a occupés à Kennywood au cours des années ont contribué à améliorer le parc pour le bénéfice des générations à venir. « Quand la société Premier Parks achetait tous les parcs appartenant à des familles dans les années 90, ils nous ont fait une offre extraordinaire, au point que nous avions la responsabilité fiduciaire de la présenter au conseil d'administration", indique M. Quinn Et en fin de compte, la fierté familiale l’a remporté sur l'argent et tout le monde a pris l'engagement de garder le parc en famille. « Évidemment, il a plu pendant les trois années suivantes », dit M. Quinn en riant. Et pourtant cela aura été une révélation pour lui, dit-il, pendant cette période : « En entendant que nous envisagions de vendre, Ryan, mon fils aîné a dit quelque chose pleine de bon sens et qui m'est allé droit au cœur. Il m'a regardé et il a dit : ‘Papa ; on ne l'a pas acheté, alors il ne faut pas le vendre.’ » Mise au point familiale En prenant son poste au parc après avoir eu sa licence, M. Quinn s’est vite rendu compte que travailler dans un parc était plus un style de vie qu'un emploi. « Il faut y croire pour survivre », fait-il remarquer. Pour un jeune homme, c'était un engagement énorme et au détriment d'élever une jeune famille. C'était drôle de voir les gens prendre leurs vacances en juillet parce que nous devions toujours retirer les enfants de l'école pour prendre les nôtres en septembre ou en octobre. » Contrairement à beaucoup de familles qui exploitent des parcs d'attractions, les Quinns ne passaient pas beaucoup de temps au parc. « Ils y venaient deux fois par an, une fois pour une excursion scolaire au printemps et une autre fois pour la Fantaisie d'automne, une promotion de retour à l'école. Je considérais que le parc était l'endroit où je travaillais. Est-ce que vous aimeriez avoir votre femme et vos enfants dans votre bureau tout l'été ? » En 1976, Andy Quinn épousait sa petite amie de collège, Anne Mathison, et eurent trois enfants, Ryan, J.T., et Pat. En avril 2004, M. Quinn et les trois garçons perdaient Anne, emportée par un cancer. « Cela a été un période très triste pour notre famille et pour nos amis », se rappelle M. Quinn. Pendant ses études à l'université, il a d'abord travaillé en été comme gardien de parc de stationnement puis comme employé d'attractions. Après avoir été employé au parc à plein temps, il est allé travailler en restauration en tant que gérant de quatre services différents : la restauration à service intégral, la cafétéria, la cafétéria du personnel et les salles de banquet. En 1982, le parc cherchait un représentant pour les pique-niques d'entreprise. « Étant Irlandais, j'avais du bagout, alors j'ai eu le poste », dit-il. Dans ce temps-là, on considérait que si vous étiez au bureau, vous ne faisiez pas votre travail, note M. Quinn. « Auparavant, les vendeurs voyageaient dans toute la région. Ils faisaient leurs tournée à l'improviste et ne pouvaient voir au mieux que quatre ou cinq clients potentiels par jour », explique-t-il. « C'est à dire quatre ou cinq par rapport aux 40 ou 50 qui auraient pu être contactés par téléphone. » Il a mis en place un système d’appel et était toujours sûr d’avoir un rendez-vous avant de partir, un concept que beaucoup de ses collègues de direction chez Kennywood avaient du mal à comprendre à cette époque. « C'était pourtant logique. Et la vente était toujours plus facile. Soit qu'il voulaient un pique-nique chez Kennywood ou ils n'en voulaient pas. En les appelant, je pouvais m'en assurer immédiatement. » La méthode de M. Quinn était plus efficace, et il n'a pas fallu longtemps pour convaincre les autres que l'idée était bonne. « J'ai récolté 35 nouvelles sociétés rien que la première année », dit-il, et il est resté uniquement dans les ventes pendant trois ans. Carl Hughes, qui était alors président de la société, contrôlait tout ce qui ne faisait pas partie de l'exploitation, y compris les relations publiques et la promotion. En 1985, il a compris la nécessité de passer le relais en communications ; et c'est M. Quinn qui a pris la relève. « Ça me plaisait beaucoup et c'était très créatif », se remémore M. Quinn. « À cette époque, on n'offrait pas de réduction aux gens pour les faire venir au parc, on créait des promotions qui les feraient venir, comme Plonger dans les gelées Jell-O, où les gens devaient sauter dans une cuve pleine de Jell-O pour trouver la clé d'une nouvelle voiture. » (M. Quinn fait remarquer en passant que non seulement c'est lui qui faisait la promotion, mais il venait de bonne heure tous les jours de promotion pour faire les Jell-O.) Les responsabilités de M. Quinn ont tout doucement bifurqué des relations publiques et des campagnes de promotions vers la publicité. En 1982, Kennywood achetait le parc Idlewild et, en 1989, il construisait Sandcastle, le premier parc aquatique. En 1990, M. Quinn était chef du marketing et de la publicité pour les trois parcs. En 1992, « nous avons choisi une personne dans chaque parc pour superviser le marketing, les relations publiques et la publicité, et je suis retourné aux ventes d'entreprise pour travailler avec les grosses sociétés », explique-t-il. À cette époque M. Quinn s'est impliqué dans les relations communautaires et avec le gouvernement. Étant donné la notoriété du parc, on était très sollicité pour que la direction de Kennywood s'implique dans la communauté et dans les conseils d'administration d'autres organisations. M. Quinn a été désigné représentant officiel pour se mettre en rapport avec la communauté. En 1997, il a voulu s'occuper de l'IAAPA. « Carl (Hughes) voulait que je m'intéresse à l'association de notre industrie et en même temps me retirer des conseils qui n'étaient pas directement en rapport avec nos affaires », raconte M. Quinn. En 1998 il s'était désisté de dix conseils locaux et était élu au conseil d'administration de l'IAAPA. Ironiquement, M. Quinn a travaillé dans pratiquement tous les postes du parc et, cependant, il n'a jamais aspiré à diriger l'entreprise. « J'ai toujours cru qu'en tant que membre de la famille, je pouvais influencer la direction d'autres façons », dit-il. « J'ai toujours su où était ma force et en quoi je pouvais contribuer, et je suis toujours resté dans ces limites. » Huit ans plus tard, à 52 ans, M. Quinn est content d'avoir exploré les activités de l'IAAPA. « D'ici cinq ans environ, j'aimerais prendre un peu de recul sur mon travail à Kennywood et me concentrer plus sur l'IAAPA et progresser dans l'organisation », confie-t-il à Funworld, ajoutant pourquoi il pensait qu'il ferait un bon dirigeant de la plus grande association d'attractions du monde. « Mon expérience est différente de celle de beaucoup d'autres dans l'industrie, et cela me permettra d'apporter des idées et des expériences nouvelles au débat. » Entre temps, la vie consiste de montagnes russes, de manèges et de politique pour M. Quinn. « Je m’imagine à bord d’un yacht merveilleux de 40 pieds sur lequel je pourrais vivre dans les Cayes de Floride et mettre cap au nord tous les étés. J'ai comme une idée que ça va arriver, mais quand, je ne sais pas », se prend-il à rêver. À nouveau prêt à nous éblouir Nous avons tous ou presque visités des parcs d’attractions ou d’amusements, des zoos ou des musées, et avons tous été émerveillés par le génie créatif qui inspire beaucoup de ces attractions. Depuis le réalisme des animatroniques aux personnages statiques, de l’attention au détail des sculptures aux tours de manèges à couper le souffle en passant par la beauté des parcs à thème, nous sommes fascinés par la magie de ces créations remarquables. Mais ne vous êtes-vous jamais demandé comment les créateurs de ces attractions incroyables ont débuté, où ils ont appris leur métier et d’où vient leur inspiration ? Pour certains de ces créateurs pleins d’avenir, leur passion remonte à leur enfance, en se rendant dans les parcs d’attraction, au zoo ou au musée où ils étaient émerveillés par ce qu'ils avaient vu et par les sensations qu’ils avaient vécues. Pour d’autres, l’inspiration est venue en regardant des films ou en jouant aux jeux vidéo ou de ce qu’ils ont appris à l’école. Mais ils ont tous dû acquérir les compétences pour transformer cet enthousiasme et ces talents innés en quelque chose de tangible que tous peuvent apprécier. Une des école qui inculque aux jeunes designers la plus grande partie de l’expertise dont ils ont besoin pour réaliser de nouvelles créations dans l’industrie des attractions est l’Institute d’Art de Pittsburgh (AIP) en Pennsylvanie, aux États-Unis. Le collège existe depuis plus de 80 ans, mais c’est dans les années 80 qu'il a commencé à se pencher sur les compétences nécessaire aux concepteurs de l’industrie des attractions. Les étudiants qui suivent les cours de technologie en design industriel de l’école apprennent toutes les phases des projets de création depuis la conceptualisation jusqu’à la fabrication de modèles et à la présentation de prototypes. « En 1988, le directeur du département de conception a compris qu’il fallait enseigner la conception en 3D et la fabrication de modèles en 3D, mais il ne pensait pas spécialement alors au design industriel », dit Jim Yedinak, directeur d'études académiques en design industriel. Mais cela nous a finalement conduit à ce que nous offrons maintenant, qui est une licence ès science de design industriel. Nous offrons aussi une diplôme associé qui recouvre les modeleurs et les mouleurs. » L'AIP offre un cours de conception environnementale qui se rapproche souvent de la création de thèmes, selon Jim Yedinak, en plus de trois cours de créatures mécaniques et de deux cours de masques mécaniques, qui font partie de la filière effets spéciaux du département. « Un étudiant prendra deux ou trois trimestres pour construire une créature mécanique vraiment bien faite », ajoute Jim Yedinak. « Cela exige un grand nombre d’heures de travail. » Mais il ne s’agit pas seulement de la conception mécanique. « Le masque ou la créature doivent invariablement s’intégrer à l’histoire », ajoute-t-il. Quand les étudiants sont sur le point d’avoir leur diplôme ils vont voir Kristin Miller, le conseiller d’orientation du département de technologie en design industriel. « Tous les trimestre je reçois 20 à 25 étudiants qui ont passé leur diplôme d’effets spéciaux et de conception de produit cherchant du travail », dit-elle. « Certains d’entre eux ont la chance de faire un stage en entreprise dans une société d’effets spéciaux, ici, en ville. » Jim Yedinak considère que de mettre un visage sur une création mécanique ingrate est un des rôles principaux des étudiants du département de design industriel. « Les ingénieurs mécaniques savent, par exemple, faire des robots, mais ils ne savent pas comment leur donner une apparence humaine », fait-il remarquer. « Une fois qu’ils arrivent à le faire fonctionner sans danger, ils le donnent à un concepteur industriel qui lui donne son style. Quatre-vingt-cinq pour cent de tous les matériaux de constructions du monde sont faits pour supporter des charges... ce sont les cinq pour cent restant qui créent l’illusion. » Voici le profil de cinq jeunes créateurs de talent, tous en dessous de vingt-cinq ans. Certains d’entre eux travaillent déjà dans l’industrie des attractions, alors que d’autres étudient encore ou viennent juste d’avoir leur diplôme et considèrent leur futur. Ils racontent comment ils se sont intéressés à la conception, comment ils comptent utiliser leur talent et ce qui les inspire. Robert Bennett Robert Bennett rêve d’animatronique depuis son enfance. « Nous sommes allé à Disney et à Six Flags quand j’étais gamin, et j’ai toujours aimé le côté animatronique », raconte Robert Bennett. « Mais c’est quand j’ai vu ‘Jurassic Park’ que je m’y suis sérieusement intéressé. J’ai commencé à bricoler avec différent matériaux et à démolir la maison de mes parents, alors j’ai décidé de le faire au collège. Je n’étais pas du tout le genre de potache qui ne savait pas ce qu’il voulait faire dans la vie. » Robert Bennett, qui a 21 ans, a travaillé à SeaWorld et chez Disney. En janvier, il commençait à travailler pour KX International, la société d’Orlando en Floride qui fabrique des animatroniques, des accessoires et des thèmes, à la commande, pour les parcs à thème, les zoos, les musées et autres attractions. « Nous travaillons en ce moment sur des animatroniques pour un zoo et sur quelques créatures pour un café de forêt tropicale », confie-t-il. Licencié de l’Institut d’Art de Pittsburgh en 2004, Robert Bennett dit que le collège lui a appris à se servir des systèmes de CAO (conception assistée par ordinateur) et de Form-Z, un programme de conception de modelage 3D sur ordinateur. « Dans le cours de créature mécanique 1 et 2 on a aussi appris à sculpter des créatures et à les mouler correctement », explique Robert Bennett. « On a aussi appris à se servir de servomoteurs pour les animer. » Quand on lui demande ce que ses parents et ses amis pensent de sa passion, Robert Bennett répond : « Ils adorent. Ils ne savent pas exactement de quoi il s’agit mais ils pensent que c’est le métier le plus chouette qu’ils ont jamais vu. Beaucoup de gens ont des occupations très banales, mais c’est sûrement ce que je ferais, même si je n’étais pas payé. » « Le plus passionnant pour moi c’est que je fabrique quelque chose, quelque part dans un hangar — une créature qui pleure ou qui est heureuse ou autre chose — et les gens vont le voir et l’apprécient pendant des années et des années », dit-il. « Les jeunes veulent rencontrer certains personnages plus que tout au monde, et nous leur permettons de réaliser leurs rêves ». Il dit qu’une de ses ambitions est de construire des dinosaures animatroniques qui soient encore « plus vrais » et dont les mouvements soient plus fluides. « J’aimerai être en charge de ma propre entreprise », dit Robert Bennett , « et pouvoir travailler sur de plus grands projets pour des parcs d’attractions. » Son travail dans le « monde réel » n’a pas diminué l’enthousiasme de Robert Bennett. « Je vais dans les parcs presque tous les jours depuis que je suis ici (à Orlando), » confie-t-il. « ‘Spaceship Earth’ (Epcot) est encore mon préféré, mais j'adore ‘Revenge of the Mummy’ (Universal Orlando), et j’ai hâte de voir le Yeti dans ‘Expédition Everest’ (Animal Kingdom de Disney). » Dan Kanitz « Je pense que dans les centres commerciaux et dans les entreprises vous serez accueillis par des robots. » C’est un regard intriguant sur le futur, imaginé par Danny Kanitz, âgé de 22 ans, récemment licencié ès science en design industriel et spécialisé en effets spéciaux à l’Institut d’art de Pittsburgh. Comme les autres jeunes designers, Kanitz a acquis sa passion pour le monde des divertissements et des attractions dans les parcs d’amusement et dans les parcs à thème. Je suis allé au parc de Cedar Point et à celui d’Universal Studios quand j’étais jeune et j’ai trouvé tout ça vraiment génial », dit-il. « Je m’y suis intéressé aussi grâce à des films comme ‘Star Wars’. » Mais sa vraie passion est l’animatronique. « J’ai joué toute ma vie avec des voitures téléguidées, alors je comprends intuitivement le fonctionnement des animatroniques », assure-t-il. « À l’Institut d’art, on a étudié les masques mécaniques, où l’on fixe un mécanisme sur la tête d’une personne pour ensuite sculpter le crâne et finalement ajouter des servos. » Dan Kanitz dit qu’il y a encore des problèmes à résoudre en animatronique : les systèmes hydrauliques sont trop bruyants et j’ai une petite idée ou deux pour améliorer ça. » Ce qui le passionne le plus c’est de créer quelque chose dont le public n’a aucune idée du fonctionnement, et il ajoute : « Le plus dur c’est la planification ; il faut être très organisé. » Dan Kanitz a été admis à l’Université Carnegie Mellon à Pittsburgh pour faire sa maîtrise, mais il hésite entre continuer son éducation et accepter une place au Musée de la Création près de Cincinnati dans l’Ohio, puis il ajoute : « Ça m’est égal, ce que je vais faire du moment que je travaille dans l’animatronique. » Jason Battin Jason Battin, étudiant en design de l’Institut d’Art de Pittsburgh qui passera la licence en décembre, a déjà en tête la conception de montagnes russes d’un nouveau genre : « J’ai dans l’idée de faire des montagnes russes sous l'eau. Je n’ai pas encore résolu tous les problèmes techniques mais ce manège démarrerait au dessus du sol. Vous seriez alors entraîné sous l’eau, allongé sur le dos, dans un tube en polycarbonate, regardant le ciel et avec des effets spéciaux au dessus de l'eau. L’eau giclerait tout autour de vous mais vous seriez au sec. » Jason Battin a 21 ans et fait remarquer qu'il a été inspiré par des manèges comme ‘Revenge of the Mummy’, qui se sert d’idées nouvelles et originales. Il souligne qu’une des choses les plus importantes qu’il a apprise à AIP c’est qu’en tant que designer, vous ne pouvez pas créer dans le vide. « Vous devez constamment sortir et regarder autour de vous », insiste-t-il. « Vous ne pouvez pas rester figé sur place et créer des designs sans matériel. Ça serait très laborieux et incomplet. » Jason Battin a suivi des cours de design environnemental et a travaillé sur des maquettes d’exposition tels que des kiosques pour des parcs de petite taille. Une leçon qu’il a retenu dans tout ça et que beaucoup de créateurs de manèges connaissent bien c’est que « le plus difficile dans le design c’est l’ergonomie pour s’assurer que tout le monde peut rentrer dans ce que vous construisez. » En ce qui concerne ses ambitions, Jason Battin confie : « J’aimerais étudier l’architecture et être le meilleur [dans son métier]. Et je voudrais vraiment travailler dehors. » Mo Nasr « Dès ma plus tendre enfance, j’ai été fasciné par les montagnes russes », raconte Mo Nasr, le mécanicien de manège d’attraction de 23 ans qui travaille pour Great Coasters International à Hebron au Kentucky. « Quand j’ai été plus grand, je suis allé à Magic Mountain à Disneyland et au parc d’attraction de Knott’s Berry Farm. J’aimais bien les montagnes russes, en métal comme en bois, parce que ça donne des frissons qui sont contrôlés. On a l’impression d’être dans les airs, mais on est rattaché aux rails. » Mo Nasr a obtenu son D.E.U.G. en génie mécanique à l’Université de Yale, puis une maîtrise en génie civil à MIT. Il note que la conception des structures en métal et en béton, et la dynamique, qui apprend à concevoir des structures résistantes aux séismes et aux vents, sont parmi les cours qu'il a suivi qu'il utilise dans son métier. « En ce moment je vérifie des plans », dit Mo Nasr. « J’ai travaillé sur la conception et sur la vérification des ponts qui se trouvent aux endroits où les voies s’entrecroisent. Nous travaillons en ce moment sur deux projets de montagnes russes en bois, une pour ici, aux États-Unis, et une pour l’Europe. Pour ce qu’il trouve de plus difficile dans le processus de conception, Mo Nasr répond : « Je ne travaille pour [Great Coasters] que depuis un mois, alors ce qui est le plus dur c'est de ne pas encore voir le résultat de mes efforts. J’ai hâte qu’on finisse un de ces projets. » Quand on lui demande s’il travaille ou s’il rêve à une nouvelle conception qui n’a pas encore été réalisée dans l’industrie, Mo Nasr se désole : « J’avais deux idées géniales, mais maintenant elles ont toutes les deux été construites. J’avais pensé mettre les chariots du manége sur le côté de la voie, mais cela a été fait à l’‘X’ (à Magic Mountain). J’ai aussi eu l’idée de faire des arrêts et des démarrages brusques, mais ils l’ont fait à ‘Revenge of the Mummy’. » Ce n’est pourtant pas la fin de ses rêves ou de ses ambitions : « J’aimerais avoir, un jour, ma propre entreprise ou mon propre parc d’attractions. » Shawn McKinney Shawn McKinney dit que ses visites au parc d’attraction de Cedar Point, étant enfant, les films qu’ils a vu et son admiration pour le travail du marionnettiste, Jim Henson, sont à la source de son intérêt pour les attractions et les divertissements. « J’ai vraiment commencé à m’intéresser au design, et tout ce que je voulais faire c’était de la sculpture », dit-il. « Ce qui me plait le plus c’est de faire des trucs qui ont ‘l’air vrai’, tous les mouvements et les nouvelles technologies. » Shawn McKinney, qui a 21 ans, a reçu sa licence du département de design industriel de l’AIP en septembre 2004 et travaille actuellement comme artiste animatronique chez KX International à Orlando avec Robert Bennett. « Ces trois dernières semaines nous avons fait des orangs-outangs — un bébé et sa mère — et ils sont très beaux », dit Shawn McKinney. « Ils sont capables d’exécuter 10 ou 15 mouvements et ils ont l'air tellement vrais. J’en suis très fier. » Shawn McKinney, qui avoue qu’il aimerait bien un jour travailler pour Jim Henson, tire son inspiration des films qu’il a vu, de ses lectures de magazines sur l’art, et des animaux qu’il voit au zoo. Comme il vit à Orlando, il peut aussi voir toutes les attractions extraordinaires des parcs à thèmes de la région. « La première fois que j’ai vu ‘l’Arbre de Vie’ (au Royaume des Animaux de Disney), j’ai été émerveillé », s’exclame-t-il. « Je suis aussi très impressionné par les progrès incroyables qui ont été faits en marionnettes et en animatroniques. » Quand Shawn McKinney essaye d'expliquer son métier à ses amis ou à sa famille, ceux-ci ne comprennent d'abord pas grand chose. « Ils n’ont pas la moindre idée », dit-il d’un air moqueur. « Ils disent : ‘Ah, oui, ça a l’air drôlement bien’. Et puis je leur montre en photo, et là ils restent ébahis. » L’interviewer Gene Columbus, directeur du personnel de divertissements chez Walt Disney World, enseigne à ceux qui aspirent à une carrière chez Walt Disney en leur racontant des anecdotes et des leçons qu’il a apprises lui-même à Hollywood et au Magic Kingdom Par Tricia Vita Chez Walt Disney World, Gene Columbus, le directeur bien-aimé du personnel de divertissements, est autant légendaire pour son talent à raconter des histoires que pour sa technique d'interview. « Ils me font marcher en me faisant parler de la créativité, des qualités de chef ou de l’héritage laissé par Walt Disney », raconte Gene Columbus, qui fait partie de l’organisation Disney depuis 35 ans et qui, de toute évidence, en a savouré chaque minute. Les histoires que raconte Gene Columbus sont tirées de son expérience personnelle alors qu’il transmet son savoir aussi bien aux nouvelles recrues qu’aux managers. Ses interviews sont « comme une classe, une consultation, une leçon de métier ou la rencontre avec un nouvel ami », dit Greg Bell, qui s’estime heureux d’avoir été engagé par Gene Columbus et d’avoir travaillé dans son département pendant deux ans avant de rejoindre les relations artistiques. Retour à l’école Parlez de « l'École de Gene Columbus » à n’importe qui dans le milieu du spectacle ou des attractions et il y a de fortes chances qu’ils vous disent en riant qu’ils ont leur diplôme. Son « école » est en fait un tour de manège effréné d’entretiens qui commence par un jeu de rôles confrontant trois individus dans un parking. « J’interviewe beaucoup de gens, probablement des milliers. Des centaines ont été engagés. Certains ont trouvé cette méthode d’interview révélatrice parce qu’ils y découvraient leur capacité à prendre des décisions », explique Gene Columbus. Dès son arrivé à Orlando, en 1977, il s’est dispensé de méthodes de recrutement qui ne regardaient pas au delà d’un CV éblouissant. « D’autres en sortaient pensant avoir échoué lamentablement et étaient surpris d’être rappelés pour s'entendre dire qu'ils avaient été très bien et se voir offrir une place. » Rich Taylor, le vice-président du personnel des divertissements et des costumes, que Gene Columbus avait engagé il y a 25 ans comme régisseur, est maintenant son patron. « En dehors d’être un artiste et un expert en spectacles, Gene a toujours été un prof », dit Rich Taylor, se rappelant l'époque d’il y a 25 ans où tout le service tenait dans un petit bureau au dessus de Main Street dans le Magic Kingdom. Il n’y avait que six régisseurs et Gene était leur patron. « Gene prenait le temps de former, de conseiller et de parler aux gens, et il le fait toujours », dit Rich Taylor. Rich Taylor et Greg Bell décrivent tous les deux Gene Columbus comme le « Yoda » de la division divertissements, qui regroupe maintenant 5 000 artistes, 100 salariés, 40 cadres et de nombreux consultants. « Tout le monde discute de carrière, des débouchés et des décisions avec Gene, et il est très doué pour repérer le talent en dehors de l’organisation et pour trouver moyen de l’intégrer chez nous ou ailleurs », ajoute Rich Taylor. « Il est aussi très franc avec les gens. Si vous n’êtes pas fait pour certaines choses, Gene vous mettra dans la bonne voie car il en sait tellement. Il ne prendra pas de décisions pour vous, mais il vous aidera à trouver en vous la meilleure décision. » Croire en soi Au calendrier de Gene Columbus, les mercredis matin sont réservés pour les internes de l'Université de Central Florida (UCF) au département d’art dramatique d’Orlando, un programme que Gene Columbus a contribué à établir. Gene Columbus est professeur agrégé à UCF où il enseigne la régie. Qu’il serve de mentor aux jeunes chez Disney, à l’université ou à une conférence de théâtre, la leçon un pourrait s’intituler : « Vous ne pouvez pas demander à quelqu’un de croire en vous si vous ne croyez pas en vous-même. » C’est aussi l’histoire de l’arrivée fortuite de Gene Columbus dans le monde du spectacle. Un amour d’enfance pour la meilleure amie de sa sœur l’a poussé à se présenter à une classe de ballet pour jeunes filles, où le professeur s’est exclamé, « Oh, c’est juste celui qu’il nous fallait ». Quelques mois plus tard, l’entraînement de Gene Columbus pour le ballet classique commençait sérieusement avec une bourse pour une école de Denver, au Colorado, affiliée à l'American Ballet Theatre. C’est là qu’à commencé son amour pour les comédies musicales. « Il y a eu un moment absolument merveilleux dans ma carrière d’étudiant quand le professeur d’art dramatique a eu besoin d’enregistrer quelque chose pour un spectacle qu’elle montait et qu’on m’a demandé de lire à la place de quelqu’un qui était absent », se souvient Gene Columbus. « C’était vraiment mauvais, vraiment nul. Mais ce prof merveilleux m’a pris à part et m’a dit gentiment : ‘Jeune homme, ne me demandez pas de croire ce que vous lisez si vous n’y croyez pas vous-même.’ » L’année suivante il faisait partie du club de théâtre. « J’étais mordu », confie-t-il. Le tzigane d’Hollywood La leçon numéro 2 de l’École de Gene Columbus c’est : « Tout ce que je connais des spectacles, je l’ai appris dans le chorus. » Juste avant son vingtième anniversaire, Gene Columbus s’est aventuré à Hollywood, où, après toutes ces années de ballet classique, il a fait sa première apparition sur une chaîne de télévision en dansant le twist avec Chubby Checker. Après avoir obtenu sa carte syndicale, il est devenu ce qu’on appelle un Hollywood gypsy, travaillant sur des films comme « Clambake » avec Elvis Presley et « Funny Girl ». Comme Gene Columbus se plait à rappeler dans ses allocutions, les deux dernières lettres du mot chorus sont ‘us’, comme dans ‘nous’. « C’est à propos de ‘nous’ qui travaillons ensemble », dit-il. « Il n’y a personne dans notre métier qui travaille en solitaire sauf l’auteur. Chacun de nous, à un moment donné du processus, devient la personne la plus importante. » Une des anecdotes de Gene Columbus transporte l’auditeur à Burbank, en Californie, au studios de Walt Disney Productions, et nous apprend que dans le monde du spectacle, comme dans la vie, tout le monde est important, même un jeune acteur qui galère à travailler comme doublure pour une star du cinéma. « Je me mettais en position ; ils réglaient les éclairages ; j'étais en sueur ; ils disaient ‘c’est bon, les gars’ ; et tout le monde allait prendre un café », raconte Gene Columbus, se rappelant comment il a obtenu ses références à la Screen Actors Guild, comme doublure de Tommy Kirk dans le film réalisé par Disney : « Les mésaventures de Merlin Jones ». Mais la récompense est arrivée à la cantine, quand Gene Columbus s’est retourné et que la personne qui était derrière lui l’a interpelé : « Salut, ça va ? Je m’appelle Walt Disney ». « J’ai fait un bon, en me disant : ‘Bien sûr que vous êtes Walt Disney’. Il m’a demandé d’où j’étais et ce que je faisais. Je n’ai jamais pu me rappeler ce que je lui ai dit, mais vous pouvez imaginer ce que j’ai raconté à mes parents quand je leur ai téléphoné. » Si Walt Disney était encore en vie, il aurait 103 ans, mais comme il est mort en 1966, très peu de gens qui travaillent pour Disney aujourd’hui l’ont, en fait, rencontré. Gene Columbus se sert de l’histoire comme matériel pédagogique. « Le fait que l’homme dont le nom était sur le portail que j’avais franchi ce jour-là ne présume pas que je sache son nom et qu’il s’intéresse à moi — la personne la plus insignifiante sur le plateau ce matin-là, en disait long sur la compagnie ou en tout cas, sur l'homme. C’est là que j’ai décidé que j’aimerais vraiment beaucoup faire partie de cette organisation. » La Grande Parade de Walt Disney Le jour de la Saint Valentin en 1970, le rêve de Gene Columbus est devenu réalité quand Bob Jani, directeurs des divertissements chez Disney à l’époque, lui a offert la place de régisseur, de maître de ballet et de prince pour Cendrillon dans la « Grande Parade de Walt Disney », une tournée nationale et internationale de spectacles et une campagne de promotion pour le complexe de vacances Walt Disney World qui devait bientôt s’ouvrir à Orlando en Floride. Cependant, du point de vue de Gene Columbus, être absent de Los Angelès pour une durée indéterminée ne lui a pas d’abord paru être une bonne décision dans sa carrière. Mais son engagement initial de trois mois s’est prolongé pendant cinq ans et demi en tournée avec le spectacle et pour une carrière à vie avec Disney. « C’était une expérience fabuleuse », dit Gene Columbus en parlant de la tournée, qui l’a emmené, lui et sa femme, Becky, qui était aussi danseuse, à travers l’Amérique du Nord et l'Amérique du Sud ainsi qu'en Australie et en Nouvelle-Zélande. Leur meilleur souvenir c’est d’avoir passé Noël avec la troupe à la plage, à Auckland. « On a créé notre propre famille », dit-il. Il y avait tellement de travail qu’il avait été promu directeur de production chargé de la régie tout en conservant son poste de maître de ballet. « Quand je suis allé en Australie, j’était en quelque sorte le représentant de Disney, mais je devais m’assurer du contrôle de qualité du spectacle et des costumes, et régler tout les problèmes avec Burbank », raconte-t-il. « Évidemment, ils m’appelaient à trois heures du matin, à l’heure où ils arrivaient. » Le plus grand défi qu’il a eu à relever a été d’organiser le transport de 70 tonnes d’équipement et d’environ 85 personnes en Amérique du Sud. « Pour rire, on appelle ce qu’on faisait il y a 25 ans « Disney sur les planches » car on avait une scène de 50 pieds par 100 pieds qu’on devait acheminer par container maritime, alors que le reste devait voyager de ville en ville en avion », explique Gene Columbus. « La ‘Grande Parade de Walt Disney’ était la chance d’aller à Disneyland pour les gens qui ne pouvaient pas y aller, de voir Disney venir chez eux. » De vieux amis Gene Columbus, qui a eu 65 ans en août, a un calendrier chargé d’allocutions dans les universités, les conventions et les conférence sur le théâtre. Il pense que c’est la prochaine phase de sa carrière. « L’étape finale de ma carrière chez Disney a beaucoup d’importance pour moi. Il s’est passé beaucoup de choses extraordinaires et merveilleuses dans ma vie, et c'est si important de vouloir le partager », dit-il. Une de ses séance s'intitule : « Créativement ne jamais faire une seule fois la même chose ». Une autre, basée sur sa formation dans le monde du spectacle, concerne les priorités dans la prise de décisions. « Tout ce que nous faisons dans ce métier est en pensant aux spectateurs », fait remarquer Gene Columbus, qui se sert souvent de l’anecdote de l’anniversaire de son père chez Walt Disney World pour illustrer cette réflexion. Comme le dit Greg Bell, « Gene adore raconter cette histoire aux nouveaux managers pour leur inculquer la substance de ce qu’il appelle ‘ce que nous faisons vraiment à Walt Disney World’ et ‘ce dont les managers ont l’obligation de s’assurer’. » Le père de Gene Columbus, âgé de 80 ans, n’était pas content de voir le château transformé en un énorme gâteau d’anniversaire rose pour les 25 ans de Disney World. « Qu’est-ce qu’ils ont fait de MON château ? », a-t-il demandé. Et puis, pour bien insister, il a ajouté : « Je n’aime pas ça ». Et Gene Columbus de dire : « Eh bien, voilà une bonne leçon à retenir. Ce n’est pas à nous, à Disney, qu’il appartient. C’est à tout le monde. Si l’expérience que vous leur offrez a été bonne, ils reviendront encore et encore pour rendre visite à leurs vieux amis. »
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